de bombay à Delhi 2007

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journal du voyage de Bombay à Delhi par le Gujarat - Publié à 08:11 le 6/06/2007 par francois

 

 

 

Vous pouvez dans la rubrique "archives":

- Voir les dessins et aquarelles du carnet de voyage.

- Voir les photographies N&B du voyage.

 

 

Jeudi 8 février 2007

Voilà, je suis arrivé à  Bombay, deuxième ville de l'Inde mais la plus peuplée (22 millions d’habitants recensés.) Il fait bon, la température n'est pas trop chaude, peut être 25 à 28 degrés. Après avoir trouvé un hôtel, ce qui n'est pas une mince affaire dans cette mégapole surpeuplée, je vais me promener dans la ville à la recherche de situations intéressantes pour mon regard d'artiste et en Inde il n'y à pas à aller très loin pour être servi, pour exemple, je pénètre dans un quartier de pêcheurs et je croise un dompteur de rat qui promène son animal en laisse, bien sur je n'ai pas le temps de faire une photo mais cette vision me surprend tellement que le soir je commence mon carnet de voyage par une aquarelle qui représente  la scène avec les enfants qui jouent et les marchands de légumes assis en tailleur devant leur maigre étalage.

L' après midi je pars flâner et faire quelques achats dans un bazar du coté de la grande gare de train, Victoria Station date de l'époque coloniale Anglaise, je pénètre à l'intérieur pour faire quelques photographies, (il faut que j’y revienne au moment des heures de pointes où une véritable marée humaine débarque des trains de banlieues) mais même en plein après midi la vie y est quand même active et des hommes déplacent à la force des bras de lourds chariots surchargés de tonnes de marchandises.

En début de soirée, je profite d'une petite brise marine bien venue pour me rafraîchir au bord de la mer d’Arabie et assiste au déclin du jour ou le ciel passe du jaune orangé au violet pourpre, c'est toujours un moment magique en Inde...

 

Vendredi 9 février

Réveillé très tard ce matin: 11 heures, toujours ce pénible décalage horaire à rattraper (4h30), je n'arrive pas à m'endormir avant 3 ou 4 h et pourtant plus on se lève tôt plus on profite des heures fraîches.

Je prends un bateau pour aller visiter Elephanta; une île au large de Bombay qui abrite des temples rupestres datant de 450 à 750 ans avant Jésus Christ.

Dédié au dieu Shiva, les grands bas-reliefs sont sculptés dans la pierre au fond des grottes, je peux admirer un visage de Shiva tricéphale (regardant dans trois directions), une autre représentation de Shiva dansant le Nataraja et plusieurs gros Lingams noirs (symbole de Shiva le créateur).

Je fais quelques photos en pose très lente, l'appareil calé sur le sol pour ne pas bouger car la luminosité est très faible.

De retour sur le continent, je prends un taxi ( à Bombay une voiture sur deux est un taxi, une espèce de Fiat des années 50) pour essayer de trouver un parsoleil pour mon Rolleiflex, peine perdue, les magasins de photos ne vendent que du matériel numérique de dernière génération, on m'indique un marché au puce? On verra cela plus tard...

Je reviens sur « Gateway of India » (la porte de l'Inde), un monument / arc de triomphe construit par les Anglais à la suite de la visite du roi Georges V en 1911, c'est maintenant un lieu emblématique où se rassemble, le soir à la tombée de la nuit,  la classe moyenne Indienne.

Je prends un chai (un thé au lait et à la Kardamone).

 

Samedi 10 février

Aujourd’hui je voulais aller réserver mon trajet en bus pour rejoindre Daman, ma prochaine étape, et je dois changer de programme car j'ai déjà attrapé une « Touriste », ce n'est pas une maladie grave mais, dirais-je, on ne peut pas s'éloigner de plus de 5 minutes des cabinets...

J'ai acheté des médicaments, il faut boire beaucoup d'eau pour ne pas se déshydrater et attendre que cela passe, ça ira mieux demain et je profite de ce repos forcé pour mettre à jour ma correspondance.

Et puis je vais arrêter la cuisine épicée Indienne pendant une journée ou deux, régime riz blanc et légumes bouillis.

Suite bombay / Arrivée Nasik

 

En fin de journée, je vais visiter la galerie nationale d'art moderne, une belle exposition d'artistes Indiens plus intéressante que ce que j'avais pu voir il y à deux ans à Calcutta. Des installations d'avant garde: sculptures, peintures et vidéos, je commençais à faire quelques photos quand un gardien zélé est venu me dire que c'était interdit et m'a demandé d'effacer toutes les prises de vue (vive le numérique!) mais bon l'essentiel c'est d'avoir pu regarder cette sélection. Déjà il y à seize ans, lors de mon  premier voyage, j'avais remarqué qu'à Bombay, l'art contemporain était moins conservateur qu'ailleurs, j'avais vu une exposition d'un sculpteur qui présentait des petits bronzes, elle a influencé mon travail pendant quelques années.

Ce soir je vais déjà mieux et j'ai faim, c'est bon signe...

 

Dimanche 11 février

Réveil encore tardif mais en pleine forme, je prends un taxi pour Chor bazar, les puces de Bombay. Dans ce quartier musulman, cinq ou six rues abritent des petits magasins d'antiquités; meubles coloniaux, pièces d'accastillage de bateaux qui viennent sans doute des chantiers de démolition d'Alang dans de Gujarat, peu d'appareils photos sauf dans  une boutique où je peux admirer une belle chambre « Graflex », quelques appareils allemands d'avant guerre, quelques « Rolleiflex » mais pas le modèle qui m’intéresse, je vais donc me passer de parsoleil !

L' après midi, je reprends un taxi qui me dépose à Chowpatty Beach, La plage de Bombay et je m'aperçois que les choses ont changé, d'une vasière immonde, la municipalité en à fait une belle plage de sable doré, un tracteur poubelle longe le rivage et ramasse tout ce que les vagues apportent de plastique et autres saletés, par contre la couleur gris foncé, presque noire de l'eau n’incite pas à la baignade.

Je reviens sur Colaba à pied en longeant le front de mer et les immeubles « modernes », une longue promenade de presque dix kilomètres, en arrivant sur Marine Drive, une équipe de cinéma tourne un film depuis un véhicule, la police évacue la foule de badauds à grand coup de sifflet, Bombay est la capitale du cinéma « Bolywood » et cette scène est assez fréquente.

 

Lundi 12 février

Au réveil une petite pluie d'orage tombe sur Bombay pour notre départ de cette ville et, changement de programme, je décide de faire un petit crochet sur mon itinéraire vers le Gudjarat en partant au Nord du Maharastra pour visiter Nasik une petite ville à 170 km de Bombay.

Par malheur je choisi une compagnie privée au lieu de me fier aux bus gouvernementaux (un peu à cause de mon taxi qui ne m'a pas compris où qui s'est pris une commission en me déposant loin de la gare de bus et à proximité d'agences de voyage) du coup le bus fais le tour de Bombay pour se remplir et c'est vers midi que mon véhicule quitte enfin les faubourgs de la ville. Trajet de quatre heures sur une route en travaux qui monte vers les plateaux du Deccan.

A 600 m d'altitude, Nasik est une citée très Hindouiste avec des centaines de temples et de ghats d'ablutions, elle borde les rives de la Bagarati un des fleuves les plus sacrés d'Inde.

Première sortie après avoir trouvé rapidement un bon hôtel dans le quartier ancien et très bonne impression, ville remplie de pèlerins, très vivante et pas l'ombre d'un touriste occidental, (ils filent tous s'entasser sur les plages de Goa pour écouter de la techno sous les cocotiers).

Ce lundi c'est « Chankar day », à cette occasion un char décoré et une fanfare remonte une rue étroite précédé d'un groupe de jeunes filles qui dessine à une vitesse vertigineuse des rangolis sur le sol (des figures rituelles).

Je finis ma journée par une promenade sur les ghats d'ablutions où un magnifique marché aux légumes et aux épices dégage des senteurs aromatiques dans la fraîcheur du soir.

 

Mardi 13 février

Ce matin, visite du temple « Narayan Shankar », beau  petit temple en pierre noire. La cloche d'entrée provient d'une église portugaise. J'achète ma petite barquette d'offrande contenant quelques fleurs, deux bâtons d'encens pour offrir à Shiva et des confiseries pour Ganesh qui est très gourmand. Je dépose mon obole dans le tronc et le brahmane me pose un Tika de safran entre les deux yeux, me voilà paré pour la journée, je me poste dans la cour du temple pour faire deux croquis.

En fin de matinée je remonte les rues de la vieille ville, il y a des boutiques de bondieuseries en pagaille, des bijoutiers et les enfileurs de perles que j'admire pour leur dextérité. Plus haut j'aborde les quartiers modernes, la circulation est intense et il vaut mieux regarder à trois fois avant de traverser les larges avenues, la gare de bus est dans ce quartier, je me renseigne pour les bus à destination du Gujarat, il y en a cinq par jour pour Vapi à dix km de Daman; parfait...

Je redescends tranquillement à travers cette foule grouillante en m'arrêtant déjeuner dans un restaurant de rue pour reprendre des forces ( c'est fou ce qu'on dépense comme énergie à marcher dans ces rues !!!).

Je me retrouve sur les ghats quand le soleil est moins fort pour faire quelques dessins du temple visité le matin. Trente secondes après avoir fais mes premiers traits je sens derrière mon dos une assemblée qui observe et plus il y a d'Indiens plus il en arrive, par moment je suis complètement entouré, je ne vois plus rien, un homme prend les choses en main et explique aux autres de dégager mon champ de vision, c'est toujours comme ça, il faut s'habituer.

Je finis mon après midi en me promenant sur les ghats, l'appareil photo en bandoulière, comme partout dans ces lieux saints je suis sollicité par des mendiants/pèlerins et j'ai vite fait de distribuer tous mes petits sous.

Au bassin le plus sacré « Ramkund » règne une effervescence incroyable autour d'une fontaine d'où sort l'eau bénite et dont les dévots s'aspergent.

Le soir au dîner me  fait servir un Tali qui pête le feu, j'en ai les yeux, le nez et les oreilles qui pleurent. ( un Tali est un plat traditionnel qui se compose d'un plat de riz blanc, de petites assiettes de légumes épicés; lentilles, petit pois, pommes de terre, épinards et de crêpes salées ainsi qu'une coupelle de yaourt).

 

Mercredi 14 février

Dernier jour à Nasik, j'y reviendrai sûrement car cette ville à quatre heures de Bombay est  une bonne solution économique et culturelle.

Ce matin je n'ai pas  trouvé de cyber café ni de distributeurs bancaires pour cause de panne d'électricité je me dirige vers la vieille ville pour faire quelques achats dans les boutiques de bondieuseries, je trouve une petite pierre gravée représentant les pieds de Rama, un autre dieu, (il en existe trois cent mille dans le panthéon Indou), un sachet de mèches en coton pour faire l'offrande du feu (agni), un beau collier en perle de Chine.

Balade sur les ghats du coté de « Ramkund » le bassin le plus sacré où je m'installe pour dessiner pendant que les pèlerins défilent devant la belle fontaine.

Suite de la promenade du coté des ponts, ici un petit marché vient de s'installer et en quelques minutes les gros poissons sont découpés et vendus immédiatement, sur  un autre pont des femmes tribales entourées  d'une ribambelle d'enfants vendent sur un linge des gris-gris, dents de tigres, coquillages et des racines médicinales de tout genre.

Ce soir pour la première fois à Nasik j'ai croisé trois touristes occidentaux.

 

Jeudi 15 février

9h30, gare de bus « New CBS » de Nasik, en attendant le bus pour Vapi, une petite naine fait la manche, une naine c'est pas bien grand et une petite naine c'est vraiment tout petit mais sa grande personnalité fait que tout le monde lui donne quelques roupies.

Quand le véhicule arrive c'est la cohue, ça crie dans tous les sens, ça s'entrechoque, heureusement que j'ai eu la bonne idée de réserver ma place. Ceux qui sont montés les premiers en courant s'aperçoivent qu'ils se sont trompés de bus; croisement dans l'allée centrale encombrée de bagages en tout genre, re cris, panique et dispute, coup de sifflets le bus s'ébranle.

Autour de Nasik, des vignes dans une belle campagne vallonnée, quelques vachers font la sieste à l'ombre d'arbres épars, le bus cahotant et couinant des freins enfile tranquillement la petite route sinueuse qui descend les collines du Deccan. A l'arrière une équipe de cricket entame des chansons de film Bollywood.

14h30, arrivée à Vapi, Daman n'est plus qu'à 10km, un taxi collectif « Ambassador » (genre de grosse 403) m'y emmène. Vapi à l'air d'un gros bourg sale, bruyant, pollué et  bétonné je suis content de ne pas m'y arrêter!

A Daman je trouve un bel hôtel, je deviens un routard de luxe! , une ancienne demeure portugaise du 15 ème siècle superbement restaurée, le sol est recouvert d'un magnifique parquet noueux en chêne foncé et le mobilier sûrement plus récent s'harmonise bien avec l'ensemble, les plafonds sont très haut et laissent apercevoir la charpente en bois et les grosses tuiles du toit.

Je pars en balade sur le port où quelques bateaux de pêche sont échoués à marée basse, je fais des photos, les pêcheurs m'interpellent amicalement.

La petite ville est  charmante et tranquille et il reste pas mal de maisons anciennes. Face au port, une petite île fortifiée: MotiDaman, un pont la rejoint, j'irai voir ça demain...

Je finis ma journée par une bonne séance de travail au cyber café, un petit contrat avec l'éducation nationale m'y oblige mais c'est un plaisir de partager mes émotions avec des élèves de CM2 du Val d'Oise.

Repas du soir: un « Pomfret » et un chicken do piazza.

 

Vendredi 16 février

Excursion sur Moti Daman, l'île fortifiée, petite marche pour y arriver, traversée du pont, puis une lourde porte en bois permet d'entrer dans l'enceinte fortifiée; à l'intérieur, de larges avenues avec de gros arbres centenaires, tous les bâtiments de l'époque coloniale Portugaise (1559) servent maintenant à l'administration Indienne. J'entre dans la cathédrale, une femme embrasse les pieds d'un grand christ chromo.

Je prends ensuite une vespa rickshaw jusqu'à Jampore beach une belle plage, à la lisière, des grands pins donnent de l'ombre.

Des familles se promènent, les enfants montent à cheval pour 15 roupies, deux pêcheurs tirent un filet, quatre hommes transportent des réverbères qu'ils plantent en haut de la grève et quelques photographes-filmeurs promènent leurs Nikon vétustes.

Déjeuné d'un succulent poisson tika tandori (brochette).

De retour sur Nani Daman, la marée est haute, les bateaux flottent; dessin à l'abri du soleil au zénith avec une petite brise marine bien agréable.

L'après midi je flane dans le bourg, achète une chemise de marque « Raymond », donne mon linge à laver chez le dobbi wallah et finis ma journée sur la plage, la mer redescend très bas laissant apparaître un fin gravier très noir.

Des centaines d'Indiens sont venus pour le coucher du soleil; le sunset point est une véritable institution en Inde car propice à la méditation, mais ici, Daman étant une des deux villes du Gujarât où l'alcool n'est pas prohibé  pas mal de gens méditent avec la bière, le whisky et au « feni » un alcool de noix de cajou et de noix de coco...

 

Samedi 17 février

 

Pour ma dernière journée à Daman j'essaye de voir ce qui me reste à visiter, tout d'abord, se renseigner pour quitter la ville demain. Il n'y a pas de bus direct pour Ahmedabad sauf à repasser par Vapi, par contre un bus part tous les matins pour Vadodara à 100 km d’Ahmedabad, va pour Badora, il y a sûrement des choses à voir...

Promenade sous le soleil, en partant de la plage jusqu'au port; village de pêcheurs, séchoirs à poissons, barques échouées et éplucheuses de crevettes.

Petit tour sur les remparts du fort Jérôme et retour sur la plage pour déguster des crevettes curry façon Goa.

Visite de deux temples en fin d'après-midi: le premier est un temple jaïn, marbre sur le sol sous le plafond: de beaux bas-reliefs polychromes, je dessine une représentation de Lingam, auquel, dans un puits, un baba s'abreuve du nectar d'immortalité. Dans le second, un petit temple de quartier entretenu par un charmant brahmane âgé qui m'autorise à photographier un « Minium god » à l'effigie d'Hanuman le dieu singe, avant de sortir l'homme religieux m'offre quelques cristaux de sucre candy.

Au crépuscule je me retrouve de nouveau sur la plage face au coucher de soleil.

 

Dimanche 18 février

Mon bus quitte Daman à 11h30 et remonte vers le nord en empruntant un genre d'autoroute à 6 ou 4 voies, (avant 2004 les routes faisaient à peine 2 voies et les croisements étaient acrobatiques), à peut prêt tous les 50 km, le bus quitte la grande route pour prendre des passagers dans quelques villes. A 15h nous passons Surat bien content de ne pas avoir choisi d'y stopper; c'est une grosse ville industrielle et polluée. Nous ne sommes plus qu'à 180 km de Badora et la circulation se fait plus dense; beaucoup de trucks et de semi-remorques qui roulent à fond sur la voie de droite (circulation anglaise), sur la voie de gauche les motos, tracteurs et voitures particulières roulent plus lentement.

Sur le 4 voies; un bouchon à l'horizon, notre chauffeur sans hésiter une seconde, traverse le terre plein central par une brèche et roule maintenant  sur la voie extrême droite en sens inverse de la circulation, zigzag entre une dizaine de véhicules, le titi et le chauffeur sont mort de rire, tous les passagers font une drôle de tête et moi je crois halluciner, après un bon km notre bus re rentre dans le bouchon, il a du gagner une bonne demie heure...

Il faut reconnaître que ces chauffeurs, en général maigres et secs, sont de véritables as du volant et les rois de la route.

 

Petite leçon de conduite made in India:

1- si votre klaxon est en panne; ne pas démarrer le véhicule, il est inutilisable!.

2- pour doubler de jour: Klaxonner le véhicule qui vous précède, klaxon Italien à compression de préférence, si le véhicule ne se rabat pas (3 fois sur 4) doubler par la gauche (je vous rappelle: conduite à l'anglaise), attention aux chars à bœufs, ne surtout pas utiliser les clignotants.

3- pour doubler de nuit: Appels de phares avec les longues portées qui sont sur le toit, le camion qui vous précède se range à gauche, utilise ses clignotants... de droite... pour vous faire signe de dépasser,  pendant que vous le doublez... éteignez vos phares, quand vous êtes devant lui vous pouvez rallumer vos phares. (Sensations fortes garanties sur les petites routes étroites.)

Je vous conseille fortement de louer un chauffeur.

Nous arrivons à Vadodara à 20h, je visite 4 hôtels, le premier est carrément insalubre: les draps sont gris foncés, une grosse blatte court le long du mur, le ménage n'a pas été fait depuis des lustres, dans le second le propriétaire, chasse un chat qui devient fou et panique en miaulant dans les rideaux crasseux... bonjour/au revoir, le troisième, conseillé par le guide, est fermé pour cause de travaux, le dernier sera le bon: grande chambre, fenêtre, odeur de phénol donc nettoyé et désinfecté, par contre, déco Indienne: grand tube fluorescent, fan au plafond  ventilateur), peinture vert pistache clair.

 

Lundi 19 février

Vadodara ou Vadora est une ville assez importante et moderne, assez grosses universités donc pas mal d'étudiants. En fin de matinée je visite le Baroda Muséum and Art Gallery, comme souvent maintenant; 10 roupies pour les Indiens, 200 pour les étrangers, je ne suis pas contre de participer plus à l'entretien des musées Indiens mais vraiment la culbute est sévère et pas le droit aux photos.

Des enfants d'écoles font la queue je remarque qu'on peut compter 100 garçons pour à peine 10 filles, l'échographie à fait des ravages...

Heureusement le musée vaut le coup; belles collections  de Chine, Népal, Egypte, bien sur Inde avec des bronzes superbes et des sculptures en pierre. En peinture, Galeries d'art européen avec un beau Gauguin, un Matisse, un Van Dongen, un beau Marquet, un Van Gogh. Il est trois heures quand je ressorts affamé.

Une fois restauré je pars en direction d'un temple que je vois au loin, en fait c'est tout un ensemble de temple qu'un Maharadjah s'est fait construite entre le XVII et le XVIIIème siècle. Dans une annexe un sculpteur contemporain expose des oeuvres représentant Ganesh le Dieu éléphant, je regarde intéressé car les idées sont bonnes;

Ganesh se mélange avec des conques, des végétaux et autres animaux.

Retour par la gare où je veux faire quelques clichés d'un immense parking à deux roues, je me faufile ensuite à travers un marché de rue odorant.

 

Mardi 20 février

Avant de quitter Badora je veux voir ce Baoli ( bassin, puits et réserve d'eau), mon guide le conseille... Ce baoli se trouve dans l'ancienne propriété du Maharaja Fatesingh Sing pour le voir il faut aller chercher un billet d'entrée au musée: 1km sous un soleil de plomb... le ticket donne droit à visiter le palace et le musée mais le baoli est maintenant fermé au public... dommage mais j'aurai l'occasion d'en voir d'autres, ces puits couverts étant une particularité du Gudjarat.

A 15h je prends un bus express pour Ahmedabad, la capitale de l'état du Gujarat, c'est ici que Gandhi installa son quartier général et commença la « marche du sel ». Une heure trente  pour faire 100 km, impensable il y à seulement cinq ans!

Après avoir pris un thé sans faux col (qui déborde et remplie la soucoupe), sans doute une spécialité d'Amdavad, Un rickshaw scooter me dépose dans un quartier populaire, et ancien, les hôtels conseillés sont crasseux, sombres et chers; séance de recherche avec mes 20 kg de bagages, ce n'est jamais un moment très drôle...

Je dégotte enfin un petit hôtel spartiate, c'est à dire sans TV ni climatisation, deux choses dont je me passe volontier, mais propre avec deux fenêtres donnant sur un balcon coursive qui surplombe la rue,  le propriétaire, un Indou, est accueillant et dans la chambre une petite souris me souhaite la bienvenue et je me sens presque comme chez moi...

Petit tour de reconnaissance, la cité a l'air agréable, certes grosse, polluée et surpeuplée mais un rythme plus traditionnel et tranquille que Baroda. Il y a un petit quelque chose qui me fait penser à Calcutta, peut-être cette mixité Indo-Musulmane.

Je dîne dans la rue, une assiette de riz sauté avec des foies de volailles et profite d'être assis à une petite table pour faire un dessin du coin de la rue. En rentrant, je remarque au-dessus d'une mosquée un beau croissant de première lune comme on peut le voir sous les tropiques, c'est à dire les deux pointes en haut.

 

Mercredi 21 février

Erreur de communication ce matin pour le petit déjeuner, je commande des oeufs au plat et je me retrouve devant une grosse portion de riz sauté et épicé, en pensant à la journée  qui m'attend, je l'avale péniblement mais consciencieusement.

Départ à midi pour une longue balade à travers la vieille ville, je commence par la Jama masjid; la grande mosquée toute en grès ocre rouge. Impossible de marcher nu-pieds tellement le sol est chaud, je fais le tour sous une galerie à l'ombre dont les murs sont peints de calligraphies islamiques géantes. Le sanctuaire est surplombé de 15 dômes soutenus par 260 piliers (je crois le guide sur parole) cette grande salle est magnifique avec des balcons ornés de moucharabiehs en pierre taillé.

En partant vers le nord, je m'enfonce dans un dédale de petites ruelles entourées de maisons très anciennes, les rues sont encombrées de bazars en tout genre: la rue des ferblantiers, celle des papetiers, celles des bouchers, celles des bijoutiers etc...

Après deux ou trois bonnes heures de marche, je trouve enfin Hathee Singh Temple, un édifice Jaïn en dentelle de grès ocre jaune. Je ne dessine que l'entrée du sanctuaire car pour le représenter dans son ensemble il faudrait y passer la journée. L'endroit est tranquille et reposant du tumulte de la ville.

Un rickshaw me dépose ensuite au Swaminarayan temple, de même inspiration architecturale que le précédant mais en plus grossier, par contre lui est entièrement polychrome, le sol est couvert de carrelages en marbre, les femmes elles même en saris très colorés viennent toucher un bas-relief représentant les pieds de Ram. L'activité y est importante et le spectacle est très vivant.

Retour à l'hôtel par Relief road où une fumée bleue de pollution me brûle les yeux, Je m'offre une bonne douche au seau d'eau froide (tiède) qui me requinque bien.

Dîné le soir dans un endroit calme et vert le « Green House » où je déguste des échantillons de trois Dosas différents (cuisine du sud de l'Inde) et une salade italienne de papillons à l'huile d'olive, tomates et olives vertes... dénoyautées, s'il vous plait!

 

 

Jeudi 22 février

Hier soir en discutant avec un architecte français en fin de vacances, celui-ci m'affirme que s'il ne fallait voir qu’un baoli ce serait sûrement Alajaj Wav. Cette réserve d'eau à 19 km au nord d'Ahmedabad sera ma découverte du jour.

Le baoli d'Alajaj wav a été construit en 1499 par la reine Rudabai, le puits octogonal est profond de 5 étages entièrement décorés de bas reliefs et de frises sculptées dans le grès.

Prés de l'eau la température chute de 5 à 8 degrés, deux beaux poissons stylisés ornent le mur du fond.

Je remonte les marches émerveillé par cet ensemble et m'arrête pour dessiner le niveau supérieur, des rajpoutes sentant la chèvre me tiennent compagnie.

Je déjeune dans une gargote un excellent Tali pimenté et légèrement sucré, Le serveur est d'une gentillesse attentionnée voyant que j'ai tout avalé, il m'offre des pâtisseries, deux pochons d'eau minérale fraîche et il m'accompagne jusqu'à l'arrêt de bus pour être sur que je ne me perde pas (on voit pas souvent ça chez nous!).

C'est une jeep qui s'arrête; je rentrerai à Ahmedabad plus rapidement...

En fin d'après midi je m'arrête à la mosquée Ahmed Shah qui est malheureusement à contre jour, datant de 1414 elle est une des plus ancienne de la cité, inspirée des temples jaÏns et Indous, je commence à regarder les plafonds, un homme vient vers moi, me demande d'où je viens, je pense qu'il vaut mieux être Français plutôt qu'Américain! Il me prie quand même de sortir parce que c'est l'heure de la prière.

Je sorts me réfugier dans un jardin public pour me reposer du vacarme continuel de la rue, des oiseaux s'ébattent et piaillent. De ma chambre d'hôtel qui donne sur une rue passante les coups de klaxons  sans interruptions ne me permettent pas de m'endormir avant 2 ou 3 heures du matin et à 5 heures les haut-parleurs des mosquées me réveillent en douceur mais les klaxons reprennent de la vie tout de suite après.

Il est huit heures, je prends une bonne douche tout en lavant ma chemise et mon pantalon qui seront secs demain, je visionne et retouche mes photos numériques, j'ouvre mon journal de voyage... à 11 heures mon linge est sec, petite séance de dessins, il est une heure, je le referme et m'offre une nouvelle petite douche...

 

 

Vendredi 23 février

10 h je quitte Ahmedabad, la ville de Gandhi pour Bhavnagar à 170 km vers l'ouest, quatre heures de bus au programme.

Après le tremblement de terre de 2003, toute la partie Ouest de la ville à été entièrement reconstruite, même les minarets des mosquées de la partie Est sont tombés bien qu'étant construits sur base oscillatoire.

Toujours la même panique au départ du bus; les places réservées sont déjà occupées, l'Indien ne changera jamais. Mon voisin a déchaussé ses baskets en plastique et embaume le secteur, cinq minutes plus tard il s'est endormi sur mon épaule. L'Indien est très individualiste sans doute à cause du surnombre (une question de survie), il a tendance à te marcher sur les pieds, passer devant toi quand il faut faire la queue, ils rotent et pètent en société sans aucune gène, il est curieux jusqu'à l'indiscrétion, mais il est paradoxalement très tolérant, il supporte le bruit des autres, bien que je les soupçonne d'être un peu sourd, il faut accepter cela ou ne pas venir en Inde...Il a heureusement beaucoup de qualité: serviable, d'une gentillesse extrême et  accueillant (surtout les plus pauvres), il est joyeux, bon cuisinier et j'en ai déjà parlé, bon conducteur.

 

Revenons à notre voyage, je constate que depuis le début de mon périple toutes les villes importantes sont reliées par des quatre voies, gain de temps et de fatigue, par le passé il m'est arrivé de rester 12h dans un bus pour faire 300 km mais les trajets étaient plus pittoresques car les petites routes passaient au cœur des villages et on abordait la vie rurale.

La récolte de blé de l'hiver est en train d'être achevée et déjà, peut être une autre variété de blé est en train de pousser d'un beau vert tendre.

12h 30, j'ai parlé trop vite, nous quittons la  route principale pour nous engager sur une deux voies chaotiques, malgré les bonds du bus tout le monde roupille bercé par les couinements des ressorts des sièges, notre chauffeur téléphone tranquille depuis une demi-heure. A 15h nous traversons de grandes zones désertiques, peut être le parc naturel Velavadar puis à perte de vue des marais salants avec de gros tas de sel aveuglants.

A 16h 30 nous arrivons à Bhavnagar où je trouve logement dans le vieux quartier, balade de reconnaissance; un beau bazar avec des maisons anciennes à balcons ouvragés, les habitants sont adorables, m' adressent des hello sympathiques et veulent tous que je les photographie, à leurs regards je sens que peu d'occidentaux viennent à Bavnagar. Un superbe marché coloré où les vendeurs appellent la clientèle.

Deux ou trois temples Indous, un très beau temple JaÏn qu'un homme me fait visiter, partout du marbre blanc ou coloré de frises bleu-gris et ocre, le sanctuaire est entièrement mosaïque de petits miroirs et les sculptures en marbres blancs inspirent la paix.

Je peux le photographier de l'extérieur, du haut du toit de mon hôtel, dîner dans ce même hôtel: un Tali du Gujerat, mélange de sucré salé, surprenant mais très bon et copieux, je ressorts gavé.

Je commande un taxi pour aller tôt sur le site de Palitana à 50 km d'ici, lever à 5h30 demain matin pour gravir la « montagne sacrée » des Jaïns...

 

Samedi 24 février

Pèlerinage à « la mecque » des Jaïns.

J'arrive à Palitana juste quand le soleil apparaît, j'ai laissé à l'hôtel tout mes objets en cuir: ceinture, porte-monnaie, courroie du Rolleiflex et je dois laisser mes sandales au pied des trois milles marches, un dénivelé de 600 mètres à gravir sur 2 km Il est interdit d'emmener ni bouteille d'eau, ni victuailles pour pénétrer dans les temples Jains, la pureté à l'air d'être une obsession pour cette religion.

La fraîcheur du petit matin permet de prendre un bon rythme, superbe vue d'un lever de soleil dans une petite brume sur le golfe de Gambay. Les personnes âgées ou obèses montent avec des chaises à porteurs, cinq petits temples offrent de l'eau filtrée à travers un fin chiffon et il faut bien que j'en boive...

Des Jains tout de blanc vêtu, maigres comme des clous, un bâillon sur la bouche pour ne surtout pas avaler de petits insectes, trottinent avec leurs baluchons accrochés à un long bâton, certains viennent de très loin  on en a doublé cette nuit qui courraient à pied à 40 km du site.

Au sommet: Shatrunjaya, un ensemble de 863 temples où l'on peut adorer le dieu blanc assis en position du lotus, il y en a des centaines de milliers, les pèlerins offrent des tonnes de pétale de roses rouges, restent assis en méditation des heures les yeux ébahis devant leur idole. Les femmes font la queue pour déverser des litres de lait sur des effigies de pieds en marbre blanc. Les temples sont d'une richesse baroque extraordinaire.

Je me mets un peu à l'écart de la foule pour dessiner un petit édifice, après quelques photos, vers midi j'entame la descente. Le soleil a déjà bien chauffé les grosses dalles rouges de l'escalier et il vaut mieux marcher sur celles qui sont peintes en blanc, elles sont plus fraîches...

Certains courageux attaquent la montagne à cette heure bien chaude, bon courage, ils vont encore perdrent quelques kilos, moi déjà, je sens mon pantalon qui tient moins bien...

En une heure je suis en bas des escaliers, les jambes tremblantes, proche de l’hypoglycémie, je me jette sur un jus de mangue puis sur un chai bien sucré et avale d'un trait un demi-litre d'eau minérale.

Retour à Bhavnagar par bus local puis arrivé à la gare de bus, je réserve mon transport pour aller à Diu ma prochaine étape pour demain.

Mon chemin passe par le bazar et je refais une série de photos sollicités par les vendeurs en tout genre, c'est assez drôle parce qu'ils posent raides comme des piquets, très sérieux, quand je leur montre l'écran, ils sont morts de rire et c'est l'occasion d'en faire une autre.

attendant mon repas bien mérité; dessin du haut du toit de mon hôtel qui surplombe un autre temple Jaïn.

Avant de dormir une page de carnet illustrée d'un dessin du pèlerinage à la montagne sacrée.

 

Dimanche 25 février

Départ de Bhavnagar à midi, pour une fois embarquement sage...

Jolie campagne, petits champs de riz, de coton, d'avoine, de mais et à en juger par ce que transportent les trucks: de l'oignon, la terre a l'air riche et grasse entourée de haies de cactus en oreilles de mickey. Beaucoup d'usines de traitement de coton.

Tout au long de la route, un étrange véhicule que j'ai déjà observé dans le Gujarat: une moto à trois roues montée en pick-up, un gros monocylindre diesel propulse l'engin, les rickshaws vespa sont bourrées à craquer, j'ai compté jusqu'à neuf personnes.

A un arrêt, trois  jeunes Indiennes accompagnées de deux hommes grimpent, rient et ricanent à tue tête en réveillant tous les passagers, dés que le bus démarre elles sont déjà endormies...

Dans un tournant, un truck est sur le toit, le chauffeur a du s'endormir au volant, à chaque déplacement en bus, ce spectacle est fréquent.

Nous approchons de Diu, de la canne à sucre et des cheminées de distillerie de rhum, Diu comme Daman est sous administration de Delhi et échappe à l'interdiction d'alcool.

Le premier hôtel visité fera l'affaire pour ce soir, je n'ai pas le courage de chercher pendant des heures, les mollets sont encore douloureux!

Petit tour des environs; rues tranquilles, promenade au soleil couchant sur la plage, l'eau est bonne et doit bien approcher les 28 / 30 degrés, quelques touristes Indiens et occidentaux, pas mal d'allemands et de hollandais attirés par la mer et... l'alcool.

Repas: thon, riz et tomates.

 

Lundi 26 février

Journée tranquille, si l'on peut dire, qui commence par une bonne trotte avec les bagages à travers les ruelles de Diu pour changer d'hôtel qui ne me convenait pas et  j'ai encore les escaliers de Palitana dans les mollets...

Après cela c'est relâche, déjeuner devant la mer d'Oman, avec une petite brise marine des plus agréable, longue discution sur l'Inde avec un couple de Français qui découvre ce pays depuis 20 jours, nous flânons ensemble au fort portugais. Sur les remparts qui s'érodent; des gros canons de bronzes dans un bel état, dans la vaste cour ombragée de palmiers; des amas de boulets en pierre, sur la partie supérieure des remparts, le phare de Diu visité par des familles indiennes qui se prêtent volontiers à ma photographie.

Plus tard séance cyber café avec envoi de photos, de dessins et du journal.

Le soir je dîne avec Magalie et Christophe dans un petit restaurant en plein air qui fait de la cuisine italienne avec pâtes, calamars, parmesan et huile d'olive.

 

 

Commentaire sans titre - Publié à 09:13 le 15/06/2007 par Anonymous
On est content de voir toutes ces belles photos. Il faut vraiment qu'on aille faire un tour dans le Gujarat.
Bravo et merci
Marie christine et jérôme

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