de bombay à Delhi 2007

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4 suite et fin du journal de Bombay à Delhi - Publié le 09:59 le 7/06/2007 par francois

 

Vous vous trouvez sur la dernière page de mon récit du voyage, pour accéder aux dessins et aux photographies allez à la rubrique "archives" dans l'onglet en haut de page!

 

Jeudi 5 avril

Pour ma dernière journée à Bikaner, je prends un taxi pour aller à Deshnok, à 30 kms, visiter le Karni Mata Temple dédié à une incarnation de la déesse Durga.

L'édifice est en marbre blanc et des portes en agents offertes par le Maharaja de Bikaner séparent les différents sanctuaires.

Ce temple abrite un sanctuaire pour rats, ces rats sont sacrés et ils circulent librement dans tout le temple. Partout, des grands bols de lait, des graines et des sucreries gavent les milliers d'animaux.  Les petits rongeurs vous frôlent et sont très habitués à côtoyer les dévots, certains sont endormis ça et là, d'autres jouent et ils mangent, ils mangent... Des centaines de petits trous dans le marbre leur permettent de s’isoler dans des coins sombres et de rejoindre leur sanctuaire où seul un petit moucharabieh permet à l'humain de les observer. Inutile de dire que cette fenêtre est inaccessible tant l' Hindou est en admiration et surtout espère voir un rat blanc signe de bonheur. Les pieds nus collent à la nourriture dispersée dans tous les sens.

En rentrant, mon chauffeur m'arrête à un autre temple, plus petit et moins renommé, qui lui abrite une petite colonie de rats blancs aux yeux rouges, ils sont beaucoup moins beaux...

De retour à Bikaner, je vais visiter le musée Prachina fondé en 2000 par la princesse Siddhi Kumari de Bikaner. On peut voir  une belle collection de costumes royaux ainsi que de très beaux objets de la famille. Dehors deux jeunes artistes travaillent et vendent leurs dessins très axés tourisme, dommage qu'ils ne présentent pas de miniatures, Bikaner est réputé pour ce genre d'art. Toutefois le travail de l'un d'eux est tout en finesse, il est en train de dessiner une façade du fort avec un critérium qu’il taille à la lame de rasoir. Nous discutons, je lui offre une mine de plomb et un crayon charcoal, il me donne une petite peinture à l'eau.

En remontant Rem road je m'arrête fréquemment pour crobarder des taureaux avec un stick d'huile noir, à chaque fois des indiens s'arrêtent scotchés, heureusement que le dessin ne dure qu’une ou deux minutes, sinon j'aurais la ville sur le dos. En haut de Rem road, le passage à niveau est baissé, je quitte mon gros crayon gras pour faire quelques clichés.

 

Vendredi 6 avril

8h30, je quitte Bikaner un peu à regret, cette fascinante ville mériterait qu'on s'y attarde, je suis loin d'avoir tout vu, mais il faut bien en garder pour une prochaine fois car j'espère bien y revenir.

Toujours dans le Rajasthan, je me rapproche de Delhi terme de ce voyage, pour passer quelques jours dans la région du Shekhawati. J'avais visé Jhunjhunu, petite ville et opte de descendre en cours de route,  30 km avant, le village de Mandawa qui m'a l'air intéressant. Effectivement, ce petit bourg tranquille abrite quelques beaux Havelis du 18ème siècle, petite cité marchande fondé par des riches négociants.

Vers 16h, promenade, instantanément un garçon de 12 ans me parle français et propose de m'accompagner pour perfectionner cette langue, je lui explique que je ne veux surtout pas de guide, que j'aime me perdre mais que j'accepte son bavardage. Et pour être bavard, il est bavard... et sans cesse son chemin arrive à une boutique, il est bavard et malin le minos!, il faut sans arrêt que je mette les points sur les i.

Quand il comprend que c'est moi qui décide où je vais et que je ne suis pas le pigeon qu'il croyait, je lui donne quelques pièces européennes « pour sa collection » mais il aimerait avoir une pièce de deux euros, quand je vous dis qu'il est malin...

Apparemment deux rues principales avec un petit bazar, antiquaires et magasins d'art, pas ou très peu de motos, pas de rickshaws, quelques bus qui passent apportent de l'animation mais ce village est calme et les ruelles magnifiquement entourées de fresques peintes sur les murs des Havelis. Beaucoup de ruines de temples et d'anciennes maisons.

Dans le magasin, Je regarde des peintures miniatures, une spécialité du Rajasthan et du Shekhawati, sur plastique imitation os aucun intérêt, sur soie et celles qui m'intéressent; sur d'anciennes pages de livres, j'en sélectionne cinq mais malgré le prix « artiste », ce n'est pas un bon prix pour moi et j'en trouverai à Delhi.

Ce lieu à cheval entre la ville et la campagne est sympathique malgré son coté très touristique, c'est d'ailleurs un tourisme éphémère composé de petits groupes ou de voyageurs en taxi qui visitent la petite ville en quelques heures.

 

Samedi 7 avril

Le calme relatif de mon hôtel est indien; il y a deux chantiers d'agrandissement de l'établissement qui travaille de 8h le matin jusqu'à 23 heures, avec 1 heure d'arrêt le midi (l'ouvrier indien n'a pas beaucoup de droits)

Je pars retrouver un bel arbre planté sur un mur dont les racines sont apparentes pour le photographier et me balade dans les ruelles désertes du village. Des Havelis partout mais les fresques tombent ou elle sont recouvertes d'affiches et de peintures publicitaires, plus loin un baoli très profond mais la structure architecturale est en ruine elle aussi.

Le village est petit mais j'arrive quand même à me perdre, en retombant sur le bazar je peux observer un fabriquant de bangles  en laque de différentes couleurs. La laque est chauffée puis assemblée sur un bracelet de cuivre ou de laiton, les verroteries sont incrustées et le bracelet est formé sur un gabarit en bois.

Aquarelle de la place principale près de l'arrêt des bus et plus tard en début d'après midi je me lance dans une autre, vue du village du toit de l'hôtel. 

Balade de début de soirée dans le bourg, visite de marchands de miniatures, les belles pièces sont hors de prix, discussion avec un instituteur autour d'un chai. Plus tard rencontre avec  Abra une artiste Bolognaise qui finit elle aussi son voyage. 

 

 

Dimanche 8 avril

Toute la nuit il y a eu des chants de temple avec percussions et harmonium, heureusement la sono saturée a rendu l'âme aux dieux vers deux heures du matin, tout le village et les environs en ont profité. Et c'était très agréable de s'endormir sur cette mélodie devenue acoustique.

Aujourd'hui départ en jeep collective survitaminée, comme les bandes de goudron au Shekhawati font trois mètres de large, quand on croise un bus ou un truck survitaminé lui aussi, mon véhicule fait du vrai tout terrain.

Jhunjhunu principale ville du Shekhawati est à 30 kms de Mandawa, le trajet est rapide. Après avoir trouvé un hébergement qui est à l'écart du centre ville et jusqu’ici très calme,  je pars vers la ville et me retrouve attiré comme un aimant par les vieux quartiers et leurs bazars. Les ruelles sont entourées de petites boutiques et quand on lève le nez, on ne voit que des Havelis avec fresques peintes. Le labyrinthe descend en pente douce et en tournant dans tous les sens. Beaucoup de petits temples de quartier, dans l'un d'eux une toute petite pièce carrelée en damier; un superbe lingam dans la pénombre avec un Naja, plus loin des banians montrent leurs racines dans des ruines, je suis emballé par cette petite ville... et les habitants sont gentils, moins business qu'à Mandawa.

En cherchant un endroit pour manger sous l'orage qui menace et la nuit qui tombe, à quarante mètres de mon hôtel, un superbe banian dans une cour de temple, sa ramure couvre un paquet de mètres carrés, ses réminiscences sont devenues d'autres troncs, il est très grand et magnifique, un beau sujet!

Minuit tout est calme. Une heure du matin; réglage et balance d'une sono « eg, do, allo, eg, do » et c'est parti; tambours, cuivres de fanfare et chants, c'est un mariage, la procession tourne dans le quartier jusqu'à trois heures du matin... c'est l'Inde.

 

Lundi 9 avril

Je commence ma journée devant le grand banian, dessin tortueux, l'arbre est magnifique et en même temps monstrueux avec tous ces entrelacs de branches, un abri parfait pour quelques familles de cobras.

Deux kilomètres à pieds pour rejoindre le grand temple Rani Sati, l'édifice est colossal, tout en marbre blanc, la  grande voûte du sanctuaire principal est richement décoré de verres multicolores, de miroirs en motifs abstraits et géométriques ou représentant des grandes scènes du Mahabarata, la grande épopée Hindoue.

La ferveur religieuse est bien présente mais je n'y trouve pas les mystères d'un petit temple plus sobre.

Je continue ma promenade à la recherche d'arbres incrustés dans les murs, découvre d'autres havelis et quartiers en piteux états, d'anciens cénotaphes inaccessibles. On sent à Jhunjhunu que le patrimoine culturel est laissé à l'abandon et du coup peu de touristes s'y attardent, la vieille ville n'est pas si grande et on a vite fait le tour.

Un rickshaw m'emmène à la gare de bus où je me renseigne sur les bus pour Delhi, je déjeune dans un hôtel, le propriétaire est un ancien photographe, il a du faire fortune dans les années 70 car il possède deux établissements. Jovial et sympathique nous discutons presque deux heures, il montre à ses fils mes appareils photos avec lesquels il a travaillé dans le temps.

Gavé d'un bon Tali, à 15h30 je reprends ma balade vers le bazar jusqu'à l'approche du soir.

 

 

Mardi 10 avril

Ce matin départ de Jhunjhunu pour Delhi, presque sept heures de trajet, petites routes au début pour quitter le Shekhawati dans une belle campagne qui finissait ses moissons, puis route avec pas mal de trafic et bel embouteillage en arrivant sur la capitale.  Traversée de Gurgaon, ville nouvelle en pleine expansion, les multinationales construisent leurs buildings en verre et toute la banlieue Sud Ouest est un colossal chantier de ponts, d'échangeurs et d'entreprises à l'assaut du grand marché indien.

Delhi est une ville sympathique avec de beaux et grands espaces verts, le sud est  très moderne et au nord il y a Old Delhi avec ses vieux quartiers ses mosquées et bazars.

Il fait 39 degrés, quand j'arrive au quartier de Pahargang où je cherche un hôtel du coté d'Arakashan road, des rabatteurs qui s’incrustent et proposent des établissements  chers et crasseux, je les envoie balader, je visite 6 chambres et change de coin pour retrouver Main Bazar où il y a plus de choix, j'en trouve un acceptable un peu à l'écart de la rue commerçante où je pose mes bagages.

Voilà une journée de transit où je n'ai fais, ni photos ni dessins, le voyage s'est un peu terminé à Jhunjhunu et les quelques jours qu'il me reste vont être occupés à faire développer mes négatifs couleurs fait avec le vieux Voiglander de 1931, faire des achats, rendre visite à des amis rencontrés en 2005 qui vivent à New Delhi, visiter quelques galeries  et expositions de peintures et s'il me reste un peu de temps découvrir de nouveaux endroits que je ne connais pas.

 

Mercredi 11 avril

Séance administrative pour confirmer mon vol de retour à Air India. J'arrive au siège  de la compagnie aérienne à 10h et prends mon ticket d'attente: n° 83, au tableau lumineux le n° 72 tout va bien une dizaine de comptoirs  sont ouverts, 10h10: panne de courant, tout s'arrête... 10h 30, la lumière revient mais les ordinateurs ne veulent pas démarrer, 11h30, il ne se passe toujours rien, les clients continuent à prendre des tickets d'attente, les panneaux lumineux se sont arrêtés sur le n° 72... je reviendrai demain.

Je retrouve mon photographe qui me promet mes films couleurs pour demain. Balade autour de Connaught place; une grande place circulaire où les enseignes internationales  ont pignons sur rue, une grande galerie avec arcades permet de s'abriter du soleil. Les jeunes Indiennes en Jeans se promènent en mangeant des glaces, les nettoyeurs d'oreilles proposent leurs services. Visite de deux galeries d'art, dans l'une un beau  petit bronze contemporain d'un Ganesh aux bras levés; 30 000 roupies quand même, cela fait beaucoup pour ma bourse! Le marché de l'art Indien à l'air de s'envoler!

Retour sur le quartier de Pahargang, quelques achats dans le bazar et vers 7 heures je reconnais Jean pierre Moreau rencontré deux ans auparavant, il voyage en fauteuil roulant malgré sa paraplégie et passe à Delhi pour se faire soigner par acupuncture électrique, c'est quelqu'un que je respecte beaucoup et donne beaucoup d'énergie pour aider d'autres handicapés, nous avons un projet ensemble qui se fera peut être un jour pour initier des handicapés à la sculpture.

Toujours pas de photos, ni dessins...

Ce soir panne d'électricité dans le quartier, tous les gros générateurs diesel des hôtels  tournent à plein régime, l'air est irrespirable, vers 22h le courant revient et le vacarme s'atténue. A trois heures du matin le générateur redémarre, pourquoi à cette heure?, Mystère... Je l'entends fort pendant une heure et fini par m'endormir avec ce vacarme, je commence à m'habituer au bruit alors que je vais quitter ce pays.

 

Jeudi 12 avril

Air India de nouveau, j'arrive à l'ouverture, tout va très vite, une bonne chose de faite...

Visite de Rabindra Bhavan, un lieu d'exposition pour artistes, huit galeries, rien de transcendant. Un rickshaw me dépose au centre d'art Hindira Gandhi tout est fermé...

Un peu de marche à pied, je traverse l'immense rond point où l'arc de triomphe; Gate of India marque le centre, les touristes Indiens se photographie devant. Le soleil cogne déjà fort et je trouve le Musée d'art moderne, deux salles consacrées à Rabindrhanath Tagore et à son frère, c'est toujours agréable de voir les oeuvres dessinées de Tagore et tous les artistes de cette époque qui tendaient vers la modernité. De nos jours les artistes contemporains Indiens sont beaucoup plus conservateurs.

Une très belle rétrospective de Benodebehain Mukherjee avec des bois gravés, des impressions sur tissus et sur toile et une collection  impressionnante de dessins magnifiques réalisés dans l'Himalaya dans les années 1935. Et quand même, une bonne sélection d'une trentaine d’œuvres contemporaines

Retour sur Pahar gang, J'appelle Eric nous nous rencontrerons sûrement demain.

Vers 19 heures je prends un rickshaw vélo qui file avec dextérité à travers la foule du bazar pour aller chercher mes négatifs, ils ne sont pas prêts, mon photographe a préféré par mesure de prudence en faire développer qu'une ( le moyen format n'est plus chose courante en Inde) j'approuve son attention, j'aurai mes dix rouleaux demain midi.

Dîner chez Pizza Hut cher et frugal mais pour les Indiens friqués qui ont fait leur shopping sur Connaught place, c'est la mode!

Un dernier verre au « café des Français », le quartier de Paharganj à l'air calme, pour le moment, il y a l'électricité.

 

Vendredi 13 avril

Il fait chaud, très chaud, anormalement chaud à Delhi: 39° à 9h ce matin.

Direction Old Delhi et la Jama Mastrij, la plus grande mosquée du subcontinent, toute en grés rouge, les grands minarets et les coupoles en marbre blanc, très belle.

Je l'avais visité en 2005 et cette fois je retourne chez les antiquaires sikhs qui bordent la mosquée, ils sont tous fermés (vendredi) sauf un indien qui m'emmène dans les ruelles minuscules. Nous entrons dans une réserve sur trois étages remplis de bronzes et d'objets en cuivre. Je trouve mes petits cadeaux et les pose sur la balance, d'emblée le vieux sikh me fait 50 pour cent de rabais (il doit faire ce cadeau à tous ses nouveaux clients!) et je dois me battre pour obtenir un autre rabais de 25 pour cent.

Repas au restaurant musulman « Karim's », nourriture garantie fraîche.

Je redescends Chawri bazar jusqu'à Ajmeri Gate, la rue grouille de musulmans habillés de blanc qui se rendent à la mosquée. Je reprends un rickshaw vers Connaught place pour récupérer mes films, le développement est bon, deux films sont un peu déchirés mais sans gravitée.

Je retrouve Agnès et Eric à Khan Market dans le sud de Delhi nous passons une bonne soirée autour de plats Tibètains.

 

Samedi 14 avril

Journée de shopping avec ma chérie, achats de quelques bijoux; colliers en Lapis Lazuli et en turquoises, petites chaînes en argent ainsi que des couvres lits et housses d'oreillers en patchwork du Rajasthan, pas d'aussi belle qualité que dans le Kutch mais nettement moins cher. A chaque fois c'est une demi-heure de marchandage, parfois pour rien, et quand l'affaire est conclue, c'est encore une demi-heure de discutions conviviales autour d'un thé. Nous faisons 3 ou 4 allers et retours, Main bazar est orienté nord sud et en pleine journée il n'y a pas d'ombre.

J'achète aussi des CD de musique classique Indienne avec cet instrument que j'adore: le Sarangi et des musiques de films Bollywood à prix imbattable ( trois cents titres pour 3 euros).h

Nous regagnons la chambre exténués, les jambes lourdes, il faut encore ressortir pour dîner, heureusement nous avons une très bonne adresse avec de la cuisine de qualité et saine.

 

Dimanche 15 avril

De plus en plus chaud à Delhi, j'ai entendu parler de 43° à l'ombre!!!

Cet après midi j'ai rendez-vous avec Agnès et Eric pour aller visiter des dépôts de meubles anciens dans le sud de Delhi.

Le choc; des centaines de mètres carrés de mobilier Indien et Tibétain, des portes sculptées, des armoires et bahuts, des lits, des coffres, sièges tous aussi beaux les uns que les autres, je craque sur une petite vitrine de style coloniale anglaise et sur un bahut de la région du Gujarat avec des miroirs incrustés, les prix sont abordables et surtout Eric, qui doit rentrer en France en juin me propose de le rapatrier  avec ses affaires personnelles via bordeaux.

Nous visitons un autre dépôt exclusivement consacré au marbre; sculptures, moucharabiehs ciselés, vasques et bassins de temples. Un autre hangar renferme des palanquins de Maharaja, des charrettes anciennes et des jarres et vasques en cuivre de dimensions impressionnantes.

 

Lundi 16 avril, 44°

Avant dernier jour, matinée passée à préparer un colis pour la France, 17kg quand même... Nous le recevrons fin juillet.

L'après midi séance coiffeur / barbier / massage de la tête, il faut absolument connaître ça quand on vient en Inde, c'est un réel plaisir, on en ressort tout détendu.

Je me remets une dernière fois devant l'ordinateur pour répondre à quelques élèves du Val d'Oise, je trouve que la communication a moins bien fonctionné qu'en 2005. Les échanges ont commencés à la moitié du voyage et il y a eu les vacances scolaires qui sont venues rapidement et ont stoppées prématurément l'aventure, mais je pense qu'à la rentrée de Pâques cela va repartir.

Dernier dîner avec Agnès et Eric, nous nous reverront sûrement en France à leur retour.

 

Demain je vais dans New Delhi régler cette histoire de meubles, bloquer la vente avec un acompte et essayer de négocier un peu les prix, l'après midi sera consacrée à faire mes bagages, flâner un dernier moment dans le bazar et prendre un taxi pour l'aéroport.

 

Merci à tous d'avoir suivi le périple, j’espère que vous avez voyagé. Quelquefois mes propos peuvent paraître un peu caricaturaux mais pour avoir une toute petite idée de l'Inde il est nécessaire d'exagérer un peu. Quant aux Indiens s'ils peuvent être parfois incompréhensibles  c'est ce qui fait leur charme, j'admire leur bonne humeur, leur joie de vivre, leur spiritualité et ils me font bien rire comme je les fais rire aussi. Un grand merci aux innombrables Dieux qui m'ont accompagnés pour ce périple au Gujarat.

 

 

 

 


3 suite du journal de Bombay à delhi - Publié le 09:57 le 7/06/2007 par francois

Mardi 20 mars

Ce matin, ciel dégagé, petite brise, l'air est plus sec. Petit déjeuner pris sur la terrasse, c'est le grand luxe.

Juste devant l'hôtel; un quai, la mer est basse et le chantier naval sur 800m à droite. Les gros cargos en bois sont encore à contre jour mais dans trois heures j'aurai une bonne lumière... je marche vers le port et découvre de jolies maisons colorées avec des arches façon « Zanzibar ». Je visite un atelier de maquettistes naval de père en fils, ils réalisent de très belles maquettes en bois  de dhows à voiles et ont des commandes pour les musées. Je discute bateaux et navigation avec le fils de la famille, il m'apprend que le bois des chantiers vient de Malaisie et que ces bateaux sont destinés au fret entre l'Inde et Dubaï, je lui achète une petite coque en teck.

Je me fait interdire avec autorité l'entrée du port (zone stratégique), tant pis, les chantiers navals eux sont bien visibles; une dizaine d'unités de 40 m. de longueur sont en cours d'achèvement. Je pénètre à l'intérieur de l'un d'eux, des ouvriers hissent avec un palan un barreau de pont d'un mètre par un mètre de section long de 15m, la pièce doit bien peser plusieurs tonnes. Les planches des bordés font 15cm d'épaisseur, les couples; au moins 50 cm et le vaigrage intérieur encore 15 cm cela fait une coque de 80 cm d'épaisseur: c'est du solide! Séance de photographies et de dessins, le paradis...

En fin d'après midi je me balade au frais dans les ruelles de cette charmante petite ville, les linteaux et frontons de portes sont ciselés dans la pierre, de beaux balcons en bois surplombent les rues, je me perds avec plaisir parmi une population souriante et accueillante.

 

Mercredi 21 mars

Aujourd'hui encore des balades dans Mandvi, je découvre d'autres bazars avec des petits passages couverts et des ruelles tortueuses, achat d'un cahier de dessin pour faire des croquis rapides, je teste autour de chameaux au repos près de la scierie.

Hier j'ai dégotté un petit restaurant de rue musulman j'avais mangé un bon riz frit avec du poulet, le taulier est très agréable j'y retourne pour manger deux Pomfrets excellents.

Un bon cyber café pendant le cagnard, une heure et demi quand même!

L'après midi est bien avancé quand je me décide à partir pour une plage à quelques kms d'ici, mauvaise entente avec les rickshaws men qui me prenne pour Mital, le magnat de l'acier  dans le monde (pour dire, il a marié sa fille au château de Versailles), je pars à pied et trouve un rickshaw sur la route qui me propose un prix indien mais qui ne parle que Kutchi.

Je me retrouve largué sur une plage déserte où un jeune couple a ensablé leur voiture jusqu'au moteur et le becquet avant fait ancre dans le sable mou. Le conducteur a sûrement vu dans un film Bollywood une balade romantique pour emballer les filles.

Je commence à dégager le sable sous la voiture, l'homme me regarde l'air intéressé, quand sa petite amie met la main à la pâte il s'y met quand même, l'auto est bien prise et malgré pierres et branches d'arbres reste enlisée, Je passe une bonne heure à les aider, pour finalement lui conseille d'utiliser son mobile pour appeler un 4x4 ou un tracteur, je ne peux rien faire de plus pour eux.

La plage étant vide je prends un bain dans le plus simple appareil, le vent forme des vagues et le courant traversier très fort, au moins 5 nœuds, je garde pied par prudence, la mer est bien salée et chaude.

Pour le retour, bien sur pas de rickshaw, il ne me reste plus qu'à marcher jusqu'au village voisin avant que la nuit ne tombe et prendre un rickshaw collectif. Au village j'explique tant bien que mal la mésaventure des deux tourtereaux ou étourneaux, on me répond que ce n'est pas mon problème et qu'ils trouveront une solution! Ça aurait été des occidentaux ils seraient sans doute déjà partis! Encore une fois c'est l'Inde et ses paradoxes.

Le soir, dessin de rue animée avec une jolie mosquée en arrière plan en m'aidant de photos.

 

Jeudi 22 mars

En fin de matinée j'essaye une plage plus prés en traversant la rivière Rukmavati (un havre qui subit le marnage) en prenant la route à droite je devrais trouver l'hôtel Beach Resort et les éoliennes. L'hôtel est une ruine abandonnée je ne pourrais donc pas y déjeuner, je demande à mon rickshaw de m'attendre 15 minutes, le temps d'aller piquer une tête dans les vagues, la marée est basse et pour trouver l'eau à mi-cuisses je marche 200 m. dans la mer, finalement je fais quelques brasses dans l'eau tiède.

Je rentre déjeuner au « yali » et part du coté des chantiers navals, en passant la tête à l'intérieur de l'un d'eux je suis invité à pénétrer à bord, salam alekoum, j'offre des cigarettes et m'installe au milieu d'eux avec mon carnet de voyage, les ouvriers sont occupés à déplacer une grosse pièce de bois à l'aide de palans, pendant que je peins, un enfant pose prés de moi une tasse de thé noir... Avant de partir, je photographie au 6x6, le dessin est comme un laisser passer, c'est une manière de s'intégrer au paysage et aux hommes, ils voient quel est mon travail et je me sens beaucoup moins voyeur pour faire mes photos. Le « cargo ship »  Al Sameer mesure 50 m de longueur, il pèsera une fois fini plus de 250 tonnes, je me renseigne: chaque barreaux de pont pèsent à lui seul 5 tonnes. Je fini ma balade autour des grands bateaux le rolleiflex en bandoulière.

Repas en compagnie d'un couple suisse italien qui découvre l'Inde mais qui ont bien baroudé autour du monde, point commun: les voyages, la photographie et la voile permettent de prolonger la soirée en discutant sur la terrasse de l'hôtel.

 

Vendredi 23 mars

Séance de travail sur l'ordi; les enfants de Marines dans le Val d'Oise ont bien accroché, réponses aux questions sur les animaux, les temples, les enfants en Inde, mes techniques de dessins, les dessins des pieds dans les temples leur paraissent « bizarre »...

Je leur prépare un atelier de dessin pour apprendre à dessiner des Rangolis.

Cet après midi je me paye une plage privée à 10 km dans l'ouest de Mandvi, un rickshaw m'y dépose, il reviendra me prendre vers 17 h.

La plage est payante et complètement déserte seul un tournage de film à 200 m occupe une petite partie de la vaste plage, une paillote sert des plats un peu chers mais la tranquillité et l’isolement  est un luxe en Inde. Pendant que j'attends mon plat j'observe des gros lézards caméléons qui se dorent au soleil sur le toit de palme, j'arrive à m'approcher d'assez près pour les photographier.

Près de l'eau sous des parasols, quelques fauteuils occupés par des chiens... de luxe s’il vous plait.

La mer est calme et sur ces quatre heures de vacances paradisiaque j'en passe au moins trois dans l'eau.

Après m'être bien baigné j'aperçois un serpent d'eau qui se laisse porter par les vagues, quand je l'approche, il s'enfuit.

Mon rickshaw arrive à l'heure prévue, retour sur Mandvi, balade dans le bazar, découverte de nouvelles ruelles où je m’égare encore, on perd complètement le sens de l'orientation dans ces labyrinthes, on est vendredi, il y a une belle affluence sur les marchés.

 

Samedi 24 mars

Ce matin, rituel des cartes postales pour ceux qui n'ont pas Internet et l'inévitable épreuve de la Post Office où il faut faire preuve de patience car l'employé administratif indien quitte toujours son guichet quand vous arrivez, il a le pouvoir de vous faire attendre et il en abuse, chaque papier est écrit en trois exemplaires, et il tape sur son clavier d'ordinateur avec un doigt en épelant les lettres de l'alphabet, il prend un malin plaisir à vous ignorer, pour ajouter au plaisir, le client indien qui est arrivé après vous, passe devant vous sans sourciller. Quand c'est enfin votre tour, l'employé administratif fait sa pause thé, enfin vous lui demandez douze (bara) timbres pour la France, il recompte cinq fois vos cartes postales et cinq fois la monnaie, l'employé administratif adore palper sans fin les liasses de billets, avec les femmes employées administratives vous pouvez ajouter une demi-heure à cette heure passée... Mais il faut dire que pendant ce temps, si vous avez un stylo et du papier vous pouvez écrire ce que je viens d'énoncer pendant que vous achetez des timbres!, c'est quand même ça de gagné. La patience est un art en Inde.

L'après midi je fais des croquis le long du quai des chantiers navals et m'arrête à la scierie où les troncs de quinze mètres sont coupés au carré; aquarelle et visite des ouvriers à tour de rôle.

Soirée dans le bazar, achat d'une jolie couverture pour le Rajasthan, achat de quelques pakoras (beignets de pomme de terre), de raisin, de petits gâteaux musulmans et de butter milk une crème anglaise avec des raisins secs, des noix de cajou et de la glace à la vanille pour me faire un petit repas à l'hôtel.

 

Comme vous avez été sage: Bonus  petite discussion indienne.

 

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Bonsoir à tous...

 

Dimanche 25 mars

Levé tôt pour me promener sur la rive Est du havre de Mandvi, Sanaksa est un village musulman de pêcheurs et de constructeurs de cargos ship, l'un d'eux a une architecture plus classique avec un bel arrière à voûte.

Sur la grève plus loin  des petites embarcations où des mareyeurs débarquent du poisson avec une charrette et un cheval.

Retour à l'hôtel car je dois partir pour Jaisalmer dans le Rajasthan, un trajet de 800 kms. 11h, je prends une jeep pour Bhuj où j'ai réservé un bus de nuit avec couchette. A Bhuj j'ai quelques heures que je consacre à une séance au cyber café car j'ai maintenant 4 classes avec qui je communique et les questions fusent...

Mon bus part à 17 h et doit arriver demain matin. 19h premier arrêt prolongé a Ghandidam, pleins d'hôtels pour routiers et toujours autant de camions truck dont la pollution absorbe un soleil rouge qui tente de percer, départ du bus, arrêt, re-départ et à 20h30 arrêt dans une gargotte plus que rustique où l'on mange un petit tali assis en tailleur sur un charpoy (un lit tressé en corde). A partir de 23h nous abordons le désert salé du Little Rann, dommage qu'il fasse nuit car le paysage a l'air fantastique et j'ai l'impression qu'on roule sur une route fortement enneigée. Pendant 100 kms route de galère, le bus ne dépasse pas les 30 km/h et s'arrête presque tous les kms pour passer de gros ralentisseurs.

Evidement, la sono fonctionne heureusement à un régime soutenable et dans ma couchette j'arrive à dormir un peu entre les cris du titi qui annonce les arrêts fréquents. Nous passons Barmer et  une demi-heure après, le soleil pointe son nez sur le désert, nous arrivons à Jaisalmer à 8h.

 

Lundi 26 mars

Je trouve une chambre dans la citadelle fondée en 1156 et placée sur la route de la soie, les maisons sont magnifiques, les ruelles pavées toutes mignonnes, un peu dommage que les boutiques de fringues et souvenirs débordent sur les façades mais c'est la rançon de la beauté de ce site, les vendeurs parlent presque tous quelques mots en 4 ou 5 langues, je leur parle un langage inventé, c'est assez drôle de voir leurs mines attentives et déconcertées. Une bonne douche et un vrai petit déjeuner et je pars à la découverte le la citadelle qui n'est pas très grande (400 m dans sa plus grande largeur), les maisons possèdent des balcons et des moucharabiehs en pierre ciselée, c'est vraiment, mais vraiment très très beau...

Je passe de la citadelle à la ville fortifiée, nettement plus grande, par la place royale où le maharaja a fait construire un palais de 7 étages puis par plusieurs portes en contrebas, cette partie, moins historique présente quand même de beaux bâtiments, je flâne un bon moment dans un  bazar attirant, m'arrête à la devanture d'un photographe qui expose des tirages de 1916 d'après plaques en verre, certaines sont rehaussées de couleurs, j'en achète deux et discute un long moment avec le vieil homme qui parle bien l' anglais, je contourne la citadelle pour la voir d'en bas dans la lumière déclinante et la dessine sur une double page de mon carnet, je suis un peu près et je ne vois qu'un quart des remparts mais c'est superbe! Je remonte dans mon nid d'aigle contempler dans une lumière orange et violette l'astre qui plonge dans le désert.

 

Mardi 27 mars

Aujourd'hui visite des deux petits musées du désert entretenus par une famille de la région, juste à coté, prés d'un petit lac une porte ouvragée le Tilon Ki Pol surmonté d'un beau temple dédié à Krishna, autour d'un chai rencontre avec trois musiciens, un français et deux Rajasthanais un petit concert se donne avec un joueur de Kartal (sortes de castagnettes plates) à la chorégraphie harmonieuse et un joueur de Ravanhattha, un son de Sarangi plus métallique et à la résonance cristalline.

Plus tard, visite de Salam Singh Haveli construit il y a trois siècles, cette demeure appartenait au ministre du maharaja, le propriétaire m'explique lentement pour que je puisse tout comprendre; toutes les pierres en grès jaunes sont assemblées par un système de mortaises, certaines pierres décoratives assemblées sous les corniches sont fixées par un pas de vis ou une baïonnette en pierre et pouvaient servir de projectiles en cas d'attaque. Partout des éléments en moucharabiehs ciselés dans le grès tous différents. Les portes très basses impliquent de se prosterner et en cas de fuite intempestive de s'assommer, les escaliers pour cette même raison sont construits avec des marches exagérément de différentes hauteurs. Au dernier étage une salle de danse ouverte sur trois cotés par des fenêtres à balcons, la lumière du soleil est capturée par des centaines de miroirs concaves qui éclairaient les danseuses.

Retour à la citadelle, thé  à la cardamone avec les commerçants du coin qui sont très bavards et donc qui apprennent vite les langues étrangères...

Aquarelle au Lakshminath Ji mandir; un beau temple Hindou, fuite avec l'arrivée de la nuit et des moustiques. Dîner au restaurant Tibétain: Momos au poulet et Momos épinard/ champignon/fromage, très bon et vue imprenable sur une façade du palais et la porte d'entrée de la citadelle.

Il est minuit moins dix, la nuit est agrémentée par des chants et musiques de la région, je reconnais une mélodie souvent entendue dans les temples de l'Inde.

 

Mercredi 28 mars

21h 30, retour à la petite chambre du désert hôtel après une journée entière passé dehors, un moment de bonheur en Inde c'est de s'asperger de grands seaux d'eau froide dans ces petites salles de bain où l'eau s'écoule par le sol.

Ce matin après le petit déjeuner, je suis monté sur le toit du restaurant Little tibet où j'avais remarqué une belle face du palais à cette heure bien éclairée, dessin de la façade agrémentée de balcons et moucharabiehs ciselés, je suis en plein cagnard et sue à grosses gouttes sous mon chapeau de Srinagar, le dessin demande de la rigueur afin de respecter les élégantes proportions de l'ensemble, je superpose ce dessin par une plus petite aquarelle, il est midi passé quand je redescends à l'ombre pour ingurgiter un litre d'eau. Achat d'un beau carnet en papier naturel et couverture en cuir de chameau, pour un prochain voyage...

L'après midi visite du palais du Maharaja descendant direct de Krishna, l'entrée un peu chère mais justifiée par un guide audio en français et un droit de photographies.

Des que l'on passe la porte d'entrée, la température chute de quelques degrés grâce à un système architectural favorisant les courants d'air.

La visite prend bien deux heures dans un bijoux de pierre, des objets variés, peintures, photographies, meubles sont superbement mis en valeur et les commentaires me font faire un beau voyage dans le temps. On passe d'une pièce à l'autre par des escaliers, des couloirs étroits, des balcons et derrière des moucharabiehs en dentelle de pierre pour arriver au toit d'où la vue sur 360 degrés est imprenable.

Discussions avec les vendeurs de tissus, les joailliers, autour d'un thé avec un indien juste rencontré, à chaque fois une heure et la journée passe vite.

Arrêt au Laxmi temple pour terminer une aquarelle commencée hier, balade vers l'ouest de la citadelle, la lumière baissante pénètre dans les ruelles et c'est un bon moment pour photographier, pause sur un toit avec un rafraîchissement jusqu'au coucher du soleil, la ville, vue d'en haut, prend des couleurs ocres rouges et violacées, les pigeons s'envolent comme dans un conte de fée.

Petit contrôle de mon courrier e-mail, ce n'est pas très rapide dans la citadelle, il faudra trouver mieux, peut être en ville pour télécharger des images, dîner aux chandelles  dans un restaurant Indo-Italien.

 

Jeudi 29 mars

Chaleur anormale pour la saison, 35 degrés. Déjeuner/dessins puis tentative de change a la State  Bank of Bikaner and Jaipur, je ne vais pas me répéter mais c'est un peu l'ambiance; Post Office, la seule différence, qui n'est pas moindre, la personne qui change les devises est le directeur, bien sur, il est très occupé... et fier comme un coq ou comme un paon, l'emblème du Rajasthan. Le taux de change me paraît très bas et ce directeur est vraiment trop occupé et n'a cure de mes devises européennes. La gare routière est à quelques  mètres, j'en profite pour prendre les horaires pour Bikaner.

Il est 15h, Il fait encore très chaud, et me fait déposer par un rickshaw près de Gandhi chowk (entre 11 h et 16 h, les déplacements à pieds et à découvert sont du suicide!), je trouve une agence qui me propose un meilleur taux bancaire et rejoins Patwon-Ki- Haveli indiqué comme l'un des plus beau haveli.

Au débouché d'une petite place et d'une ruelle, une façade somptueuse s'impose, je suis stupéfait par un tel travail de la pierre de désert, pour pénétrer dans la demeure il faut emprunter une autre petite ruelle pavée de pierres du désert, plutôt un passage car le Haveli se trouve de chaque coté et au-dessus de vous, relié par des couloirs en moucharabiehs.

Pour schématiser, ce Haveli est architecturé  sur 3 ou 4 étages autour d'une cour centrale de 70 M2, à chaque niveau ; des pièces sont ouvertes (ou pas!) sur l'extérieur par des balcons ou des moucharabiehs en dentelle de pierre, et coté cour, une coursive avec passages sous alcôves et rambardes elles aussi ciselées. Des balcons couverts débordent dans la cour et laissent admirer la débauche de ciselure de la pierre. Le sol pavé, lui est  lisse et patiné ocre jaune..

Le toit permet d'admirer, avec vue panoramique,  la citadelle sur une belle longueur. Dans trois heures, la citadelle sera dans sa plus belle couleur.

Je redescends les hautes marches et les plafonds bas d'un étage et je tente un croquis rapide, il faudrait des heures pour faire une étude documentaire !

Autour de cette demeure princière ou ministérielle pour être plus précis, dans ce même quartier, sûrement une dizaine, peut plus, d'autres Havelis plus petits mais eux aussi de véritables pièces de joailleries.

En ressortant de ce quartier, dans Gandhi showk, les Indiens sortent de leur sieste et les rues s'animent, Je tente une séance web, fait graver le 5éme CD , le jeune qui gère le cyber café est sympathique, il écoute Aznavour, et possède sur son ordinateur des centaines de titres de chansons françaises mais la connexion est impossible ou interminable, de l'ordre de 20 bytes/sec, ce n'est pas assez pour télécharger les images, j'abandonne.

Rencontre avec Yvan le musicien qui me conseille un cyber café plus rapide vers la citadelle, prés d'un grand banian. A cette heure l'ombre est arrivée et les habitants de la ville sortent sur le trottoir prendre le frais et le chai, les remparts du fort sont dorés comme une couronne en or. Au nouveau cyber café, une connexion rapide et efficace, j'aime!...

Juste a coté de la porte principale du fort, première boutique: la Bhang shop gouvernementale, normalement ces magasins n'existent que dans les villes saintes sauf dans quelques rares endroits où cela fait partie d'un patrimoine culturel. La substance se consomme ici mélangée à un lassi, thé, avec du jus de citron, l'effet est euphorisant, comme après quelques bières, seul précision au vendeur; light ou strong, comme la bière.

 

Montée la nuit par les trois portes du fort placées dans une épingle à cheveux, les dalles du sol brillent lustrées par des milliards et des milliards de pieds humains, j'ai l'impression de pénétrer dans le passé, plus haut dans les ruelles, les familles sont assises dans les vérandas et discutent tranquillement entre voisins, les portes des maisons et des pièces sont grandes ouvertes pour laisser pénétrer la fraîcheur, les boutiques ferment petit à petit.

Je dîne sur un des bastions il est 21 h, je suis le seul client avec Corinne ma compagne et ma femme qui partage avec moi ce moment, un petit vent solaire rafraîchi doucement la cité antique. La voûte céleste prend sa courbe, l'astrologie se livre et plus bas comme une vue d'oiseau la ville s'éclaire derrière les moucharabiehs, vision des milles et une nuits.

Pour retrouver ma petite chambre, je m'égare dans les rues de la citadelle, avec l'éclairage tungstène la pierre est couleur miel, Jaisalmer est un bonheur visuel, en passant près du temple Laxminath des chants apportent encore plus à cette sérénité.

Cette sensation du beau, du parfait est présente quotidiennement, ici, même l'heure des chiens peut devenir agréable c'est dire!

Seul petit bémol pour clôturer cette journée; une coupure d'eau qui me prive du seau d'eau sur la tête mais nous sommes dans le désert, du temps des Maharajas il fallait faire 12 km pour en trouver. Je vide mes cartes photos du jour et me mets à mon journal, à minuit et demi l'eau n'est toujours pas revenue, un  litre d'eau minérale me suffisent pour faire ma toilette, il n'y à pas de pollution de gaz à effets de serre à Jaisalmer et les rues propres autorisent l'absence de savon, un litre d'eau, utilisé parcimonieusement et avec conscience permet un frottage du corps entier et son rinçage, finalement avec presque autant de plaisir qu'un seau de 5 à 6 litres.

 

Vendredi 30 mars

Au milieu des ruelles de la citadelle se dresse, un ensemble de sept temples Jaîns se touchant et reliés par des coursives, leurs construction date du XIIème au XVème siècle.

Entièrement construit en grés ocre, on y accède par des escaliers aux marches hautes et luisantes, partout le Dieu assis en position de lotus y est représenté de la plus petite figurine jusqu'à des tailles humaines, en marbre blanc, noir et en pierre du désert patinée, les prêtres portant un linge devants leurs visages  les astiquent pendant des heures.

Au détour de couloirs sombres, on tombe sur des empilements jusqu'au plafond de ce même Dieu.

Les gopurams sont chargés de sculptures très fines d'Apsaras, danseuses, musiciennes ou armées, terrassant des démons. Sur tous les angles droits des gopurams, et il y en a des milliers, des petites figurines de singes  de 10cm de haut sont accroupis.

Les voûtes des sanctuaires sont ornées elles aussi d'Apsaras et au sol, on peut voir des motifs géométriques en marbre incrusté dans la pierre du désert, les dévots font sonner les cloches et se prosternent devant leurs idoles et je ne suis pas insensible, dans ce lieu chargé, à la méditation.

Les temples sont ouvert au non Jaîn entre 11h et midi trente, je n'ai plus beaucoup de temps, j'ai fais pas mal de photos mais je commence un dessin assis sur cette douce pierre. L'heure de fermeture arrive et un prêtre m’invite à quitter cet endroit fantastique.

Pendant les heures chaudes je continue le dessin, au frais, dans ma chambre. Vers 17h, je rejoins la ville pour chercher un point de vue sur la citadelle au couchant, quand elle prend des couleurs de miel, en m'écartant d'elle de 300m. Un toit d'hôtel me permet de prendre un peu de hauteur et de pouvoir la contempler dans sa longueur, la ville au premier plan offre elle aussi de beaux ocres  rouges et des ombres violacées, en me retournant, je peux voir comme dans un conte oriental, le clocher d'un palais qui se découpe à contre jour devant un beau soleil rouge, des pigeons s'envolent pour ajouter un peu à la photographie. En rentrant par Gandhi Chowk je m'arrête dans une belle boutique de tissus où les étoffes et les patchworks sont exposés dans une perspective de trois petites pièces, je demande au propriétaire si je peux faire des photos, très gentiment il accepte.

 

Samedi 31 mars

Pour cet après-midi j'ai réservé une Jeep avec chauffeur pour faire un tour dans la campagne à 45 kms de Jaisalmer, la balade comprend la visite de trois villages pour finir en fin de journée dans un coin avec des dunes.

Dès les premiers kms le désert est là, jonché de pierres jaunes et parsemé de petits arbustes et de touffes d'herbe brûlées par le soleil, une bonne brise fait courir le sable sur la route. Le chauffeur un Bengali est bavard, son anglais n'est pas meilleur que le mien mais il m'explique plein de choses, il vit  lui-même dans un village du désert.

Premier arrêt dans un village d'une vingtaine de maisons en terre battue ou maçonnées, dès que je descends une ribambelle de mômes de 8 ans tourne autour de moi, photo? Roupie? Pen? Chocolate? Et me prennent par la main en tripotant la bague en argent que j'ai au doigt, je m'en veux de ne pas avoir acheté un paquet de bonbons à Jaisalmer.

Je n'ai que mes deux appareils photos avec moi, je me trouve indécent face à leur pauvreté, je photographie quelques maisons mais pour faire de bons clichés, il faudrait rester plusieurs heures, s'asseoir et dessiner pour entrer un peu dans le paysage. Les mains des enfants sont partout, elles tâtent les poches, ils veulent absolument quelque chose. Je retourne vers la voiture, pendant que je marche, je sens qu'on essaye d'ouvrir la poche arrière de mon sac, blague d'enfants?, les rajpoutes sont taquins, Réelle intention de voler? Je ne saurai pas mais je me mets en colère et hausse la voix ce qui disperse les enfants rapidement.

Le deuxième village aussi pauvre est plus désert, trois enfants m'accompagnent vers un petit temple qui surplombe les quelques maisons, celui ci n'est pas plus riche, quelques autres photos sans conviction car le soleil écrase encore trop le paysage. Je croise  des femmes et des petites filles avec des récipients sur la tête, elles vont chercher de l'eau à un ou deux kms. Nous reprenons la route, troisième village, des chameaux et des chameliers assis ou couchés à l'ombre qui ne s'intéressent absolument pas à moi, seuls les enfants accourent, mon chauffeur m'indique l'un d'eux qui pourra me guider dans ce village, le garçonnet de 8 ans écarte les autres concurrents. Il m'explique qu'il apprend l'anglais à l'école, que les autres enfants n'en veulent qu'à mon porte-monnaie que lui est totalement désintéressé, je vois qu'il a déjà tout compris du « Business ». Le tour du village est assez court, il m'invite à repartir vers la jeep alors que je me serai bien « perdu » un quart d'heure dans ce village mais là aussi le manque de temps ne permet pas de rencontre... avant de partir mon petit guide me réclame quand même un peu de monnaie, il a fait son business je le paye, normal.

Arrêt chai chez des amis de mon chauffeur, apparemment tout le monde se connaît dans le désert, les gérants de cette halte pour safaris à dos de dromadaires sont originaires du Gurarat, je reconnais tout de suite leur accueil sans arrières pensées, nous parlons de cette belle région que je viens de découvrir, leur montre mes dessins, ils seront bientôt en vacances, la saison des Camel-safaris se termine, je leur offre mes visions de leur région et ils m'offrent le thé.

Autant l'appareil photo agresse, autant le carnet de voyage amadoue, je devrai toujours commencer mon travail par le dessin!

Les dunes de Khuhri ne sont plus loin, un poste gouvernemental fait payer le site protégé et juste avant d'arriver des enfants au galop sur leurs jeunes chameaux accompagnent la jeep en proposant leurs services pour grimper la dune.

A cette heure, un peu avant le coucher du soleil, les touristes Indiens, très friands de sunset et les camel-safaris convergent vers ces quelques dunes.

Les familles indiennes grimpent sur des chariots tirés par un dromadaire, en haut des garçons de 8 ans enturbannés font leurs business. Les uns vendent des sodas tièdes et des chips au triple du prix courant ce qui est normal dans le désert, les autres vous demandent votre prénom et entament des chants vantant je ne sais quoi, peut être que dans la chanson je suis un prince très riche et très très généreux. A deux: un au tambour, l'autre au kartal ils doivent arriver à gagner facile 150 roupies.

Mes voisins de dunes sont des Punjabis vivant au canada, ils payent largement les enfants, les filment, boivent des cocas... tièdes, sortent de leur sac une bière forcément tiède, mangent des chips et à mon grand étonnement jette au vent leurs paquets de chips vides, de la part d'un Indien local je ne serai pas choqué mais là, quand même...

Je me mets à une petite aquarelle et là, par enchantement, les enfants oublient leurs business avec moi, (les Canadiens restent de bons clients!) et suivent attentivement les coups de pinceaux.

Les dunes prennent des belles couleurs, avec quelques passages de chameaux et d'hommes du désert, une lune presque pleine qui monte, la belle heure Indienne arrive avec sa magie.

 

 

dimanche 1er avril

Bonne brise, journée tranquille aujourd'hui, travail dans la chambre pour préparer un envoi e-mail.

Vers 15h30 je pars en balade essayer d'explorer quelques endroits non vus, je pourrai revenir à Jaisalmer et me perdre encore dans la citadelle.

Arrêt aquarelle sur une des 4  portes du fort, c'est par la même occasion un bon cadrage photo, je prends la lumière, règle le 6X6 prêt pour attraper quelques personnages. Les Indiens sont nombreux à descendre aujourd'hui et s'arrêtent pour commenter le dessin;

       very good painting sir !

       Bioutifoul picture, je remercie.

Coucher du soleil du toit du désert hôtel puis, je redescends envoyer mon courrier, les enfants d'une école du Val D'Oise m'ont envoyé une photo d'un rangoli qu'ils ont dessiné à la porte de leur classe, je leurs avait envoyé quelques modèles pour agrémenter et décorer leurs carnets et vraiment je suis surpris du résultat. En découvrant leur oeuvre sur l'écran d'un cyber café, un indien qui était assis à coté de moi m'a demandé dans quelle région d’Inde j'avais fait ces photos, c'est dire s’ils ont bien travaillé!

Fin de soirée sur la terrasse de mon hôtel, Raju le cuisinier me prépare un Malai Kofta comme jamais je n'en ai mangé en Inde! Pour me faire plaisir il me fait 4 beignets à la bananes, je ne sais pas si c'est sa spécialité mais en tout cas je me régale.

22h, je prépare mon sac, demain lever à 5h, bus à 6, pour Bikaner.

 

Lundi 2 avril

6h,départ pour Bikaner à 320 km dans le Nord Est, route désertique et quelques fois pistes de sable, avec cinq longs stops, le bus gouvernemental arrive à Bikaner à 14h30.

A première vue Bikaner est une assez grosse bourgade pas très propre, bruyante et animée, cela change de Mandvi et Jaisalmer qui étaient de toute petites villes, je négocie un hôtel près du centre ville relativement calme.

Après un petit encas, tour de reconnaissance du quartier, la vieille ville est juste à coté et c'est un plongeon dans plusieurs bazars; tissus colorés, marché aux légumes et des rues où la grosse foule indienne se fait bien ressentir.

La ville mélange un coté moderne et de l'autre l'Inde profonde avec chars à bœufs, gros taureaux couchés au milieu de la chaussée, attelages de dromadaires, temples, sâdhus, mendiants et éclopés et la plaie de l'inde moderne: des milliers de motos et scooters polluants. Au milieu de tout cela, la voie de chemin de fer qui traverse la ville. Je fais quelques photos de tout ce remue ménage, cette ville me plait, il y a des choses à faire, c'est une belle représentation de ce pays...

 

Mardi 3 avril

Balade à pieds dans la vieille ville pour monter à travers un quartier de beaux havelis en grès rouges jusqu'à un ensemble de temples; le Laxminath, le temple Jain Bhandasar mais il est fermé, je fais une aquarelle de son gopuram et de sa belle coupole simple mais très bien proportionnée, un ganesh temple avec, dans sa cour un autre sanctuaire où deux mandala/rangolis en légumes secs sont exposés.

Cet ensemble est perché sur une petite colline d'où, au sud on peut apercevoir un quartier musulman d’imprimeurs sur tissus. Toutes les pauvres maisonnettes à terrasses sont peintes en bleu ciel, rose, jaune pâle, blanc et ocre, un vrai tableau de Nicolas de Staël. A 13h30, les fidèles évacuent les temples.

En fin d'après-midi je retraverse le petit bazar de tissus qui à l'air de faire le bonheur des femmes dont les bras sont couverts de bracelets en os ou ivoire? et larges en argent massif.

Je retrouve Kem road avec son effervescence, les barrières du passage à niveau sont fermées, un train est en approche, voilà ma photo, je prends mon cadre, l'attente dure bien dix minutes. L'embouteillage de vélos, motos, rickshaws, chars à bœuf, chameaux est à son summum. Les deux roues et les piétons passent sous les barrières jusqu'au dernier moment, l'indien ne sait pas attendre... Dans un tumulte, un fracas d'acier et sirène hurlante, la locomotive traverse la rue, le convoi « Howra-Bikaner-Howra » arrive de Calcutta à plus de 1600kms d'ici. C'est une séquence filmée qu'il faudrait tourner!

Dans le petit parc du Krishna temple je retrouve ce  jeune indien rencontré hier qui tient une boutique d'handicraft, il apprend le français à l'alliance française de Jaipur et se débrouille bien, il m'explique quelques ficelles concernant l'argenterie...

En repartant vers l'hôtel tous les temples chantent, les cloches sonnent et les tambours battent l'appel à la prière.

 

Mercredi 4 avril

Visite de Junagarh, palais construit par le Maharaja Rai Singh 1571-1611, un des plus important général de l'empereur Akbar. Le fort entièrement en grès rouge contient plusieurs palaces tous aussi beaux et d'une profusion de richesses entretenues et complétées au fil des ans par les descendants. Dorures, fresques peintes, moucharabiehs, plafonds en bois sculpté, lustres de Murano, portes en argent, parois incrustées de pierres semi-précieuses, jardins à la Française, collection impressionnante d'armes anciennes, avion et j'en passe... montrent la richesse de ces seigneurs.

L'après midi je rentre dans la vieille ville par Goga gate et en ressort par  Kote gate, une balade de plusieurs km. Dans les premiers quartiers traversés on peut admirer peut être une centaine d' Havelis en grès rouge ciselé, les ruelles sont calmes, il est vrai que c'est l'heure de la sieste, pourtant l'ombre apporte de la fraîcheur à la promenade.

Des petits bazars alternent ces quartiers, là, l'animation est plus importante, beaucoup de boutiques de cerfs-volants, et d'autres petites shops où j'achète une boite en fer blanc, une pierre ponce décorée et quelques objets usuels pour quelques roupies.

Sur un marché aux légumes, les vendeurs m'offrent à goûter un genre de cornichon avec un goût de fraise, des petites cerises confites saupoudrées de chilli et de menthe et une femme m'offre une feuille d'Aloes Vera; une feuille d'un genre de cactus aux nombreuses vertus médicinales, la chair flasque est très bonne pour l'estomac et c'est un excellent cicatrisant.

Toute cette population est très gentille, on veut m'offrir le thé tous les cents mètres pourtant ce ne sont pas des Maharajas mais leur richesse se place au-dessus des biens matérialistes.

Rentré à l'hôtel je prends une bonne douche fraîche, rase ma barbe de 15 jours et me coupe une tranche d' aloes vera que je passe sur mon visage, instantanément une sensation de douceur et de fraîcheur m'enlève la fatigue de la journée.

 

 

 


2 suite du journal de Bombay à Delhi - Publié le 09:54 le 7/06/2007 par francois

Mardi 27 février

Après une bonne nuit tranquille, promenade sur le port puis traversée de la petite ville à travers des quartiers calmes composés de vielles maisons portugaises, certaines sont abandonnées. Bon bain de mer dans une eau tiède sans vague sur la plage de Chakratirth, petit repas vers Sun set point et traversée du petit village de Futam sous un soleil puissant mais supportable grâce à un petit vent. Visite de Gangesh war temple; une petite cavité dans les rochers avec quelques Lingams submersibles par la marée, aquarelle d'un Ganesh Indo-Portugues très coloré.

Retour à Diu par Zampa gateway une porte dans la muraille rouge qui entoure la ville. Petite bière à la terrasse d'un restaurant sur le port face au bras de mer qui sépare l'île de Ghoghla pour se reposer de ma petite marche de 12 km ( 12= bara ).

Depuis que je suis à Diu c'est les vacances!

 

Mercredi 28 février

Ce matin, bonne brise soutenue d'ouest. Je loue une « moped », la mobylette du coin pour faire le tour de l'île, la circulation sur Diu est tranquille!. Un premier stop au Musée de Diu, dans une église portugaise une collection de saints et anges catholiques, 6 km plus loin: Nagoa beach, La plage renommée de l'île; bel arc de cercle en sable propre et doré, orienté au sud, les Indiens middle classe font des tours de hors-bord, de parachute ascensionnel ou observent les rares occidentales en maillot de bain, déjeuner prés de la plage...

Repris la moped qui tourne comme une horloge, bien tenir sa gauche et bip bip pour m'annoncer aux passants, petite route ombragée de palmiers, je passe Vanakbara et me retrouve vers Bucharvada où d'après mon plan se trouvent des marais salants à la place j'aperçois des vasières désertiques, dommage.

Demi-tour pour retourner sur Vanakbara un joli village de pêcheurs, à quai une cinquantaine de Dhows (chalutiers de 12, 14 mètres) autour desquels règne une belle activité: ravaudage des filets, livraison de glace et de gas-oil, des enfants partout qui me demandent des stylos où de les photographier, des femmes occupées aux tâches ménagères, qui éventent du blé, des gargottes où les marins jouent aux cartes en buvant du thé ou de la bière. Du poisson  sèche sur le sol ou sur des séchoirs en bois,  les corneilles en profitent bien  en chapardant cette nourriture ainsi offerte.

Plus loin un chantier naval où une autre cinquantaine de Dhows sont en construction, on m' invite sans problème pour visiter, ici, un ouvrier coupe le bois rouge avec une scie circulaire diesel, là, d'autres assemblent une quille où étoupent la jointure des bordées, le chef du chantier m'invite à monter à bord d’un bateau presque fini, je constate que c'est du solide, les bordées font bien cinq centimètres d'épaisseur. Prix de l'embarcation équipée pour la pêche: 20 laks (20 millions de roupies). Je termine ma visite par quelques photos et prends l'adresse du chantier.

Sur le chemin de Diu town à 17h, je prends un bain sur Chakratirth beach quasi déserte, l'eau est douce et bonne...

 

Jeudi 1er mars

Ce matin, pluie d'orage mais le soleil revient vite, balade vers Zampa gateway, je trouve un mécanicien qui me répare ma courroie de Rolleiflex avec deux rivets, elle menaçait sérieusement de lâcher. Repas de pomfret et dessins de dhows échoués devant le port. Dans les rues les marchands ambulants vendent déjà les pigments colorés et les pompes à eau pour la fête du printemps; la Holi qui à lieu dans toute l'Inde dimanche prochain, jour de la pleine lune.

En fin d'après midi je me fais déposer à Ghoghla, un village sur le continent, les maisons ont toujours une influence portugaise et je remarque au cou de certains Indiens une grosse croix catholique.

Près du port, un marché de nuit aux poissons, les vendeuses s'éclairent avec des lumignons à pétrole pour présenter leurs marchandises: quelques petites langoustes, des crevettes royales de 20 à 25 cm, des crevettes tigre plus petites, un gros crabe ficelé, des pomfrets de belles tailles, petits thons blancs, petits requins et des oeufs de poissons de la taille d'une grosse bille rose.

Retour sur Diu pour un repas chez l' « Italien », O' Couqerô avec une assiette de crevettes au cognac et pâtes huile d'olive.

 

 

Vendredi 2 mars

Dernier jour à Diu, visite de l'église Saint Paul typiquement Portugaise, grande nef peinte en bleu ciel, au fond du chœur la Madone entourée de ses anges.

Après midi sur la plage et peut être dernier bain du voyage... Un groupe de chiens lézardent au soleil.

Retour sur la ville, arrêt et promenade dans des grottes où des banians de leurs racines envahissent les espaces libres.

18h petite bière en terrasse avec un début de soirée calme et vue sur la mer où un pêcheur debout dans sa pirogue lance d'un geste précis son filet. Plus tard, un passage au cyber café et ce soir je me paye un King fish tandori devant la mer, un régal.

 

Samedi 3 mars

Ce matin à Diu, pour le week end, les mendiantes avec leur bébé et les touristes Indiens  sont arrivées en masse, en quelques heures la population a plus que quadruplé, l'île est beaucoup moins tranquille, il est temps de partir car avec l'alcool la Holi va être insupportable.

Mon bus pour Veraval n'est pas là à midi, ni à 13h... à 13h30 je décide d'en prendre un pour Una, une plus grosse ville à 15km d'ici d'où j'en aurai un à coup sur.

A 14h30 je grimpe dans un bus vraiment déglingué, cela faisait longtemps que je n'en avais pas vu un pareil... apparemment le moteur pête le feu et son klaxon trois tons vrille les oreilles donc il est bon pour la route, il vibre tellement que j'ai peur que toutes les vis de mes appareils photo se retrouvent au fond de mon sac!

En ligne droite le chauffeur (encore un artiste) donne des grands coups de volant tantôt à droite tantôt à gauche; la crémaillère de direction a l'air bien édentée et tout l'art de mon chauffeur est dans l'anticipation...

L'hôtel visé est malheureusement complet, dommage car il était à l'écart du bourg, avec un balcon terrasse avec vue sur la mer, l'idéal pour attendre la fin de la Holi. Il est effectivement impossible pour les occidentaux de participer à cette fête tant les Indiens sont excités, il peuvent être violents car ce jour là ils peuvent régler tous leurs comptes et leurs rancœurs, le lendemain ils s'embrassent tous fraternellement mais le jour J. ce sont des batailles de quartiers où on se jette des pigments colorés mélangés à l'eau. J'ai vu à Bénarès et à Mathura des touristes bouffer des pigments! Cette fête doit être sympathique dans les petits villages de campagne.

Ce soir à Veraval des grands feux ont été allumés et seront entretenus toute la nuit, à minuit début des hostilités pendant 12 heures, j'ai fais mes provisions pour tenir le siège sans avoir à sortir demain.

 

Dimanche 4 mars

Je ne me risque dehors qu'à partir de 14 h, l'ambiance est calme, les chiens, les vaches, les scooters sont rouges, les Indiens déambulent par groupes ou a trois sur une moto, couverts de la tête aux pieds de pigments verts et fushias. Je fais quelques photos des combattants de la guerre des couleurs qui posent sans problème avec gentillesse.

Vers 16h je me fais déposer sur le port, belles infrastructures portuaires: des digues et trois bassins remplis de mille Dhows, des entrepôts à sel et à glace et un chantier naval où une trentaine de navires de 12 à 18 m. sont en cours de réalisation, plus loin deux  énormes Dhows/cargos d'au moins 40 m. de long, malheureusement c'est jour de congé et la place est vide.

Petite marche de 3 km pour rentrer, les quartiers anciens sont déserts, les boutiques ont les rideaux métalliques baissés, un drôle d'effet en Inde. Les rues sont rouges de pigments, une vision un peu apocalyptique... Vers 19h, quelques boutiques ouvrent, la vie reprend.

 

Lundi 5 mars

Visite du temple de Somnath, à 3km de Veraval. Bâti en or par Somraj le dieu de la lune, reconstruit en argent par Ravana puis en bois par Krishna et en pierres par Bhindev.

Détruit par les Afghans, reconstruit par les Indous, redétruit par les Musulmans et par Aurarangzeb en 1706, reconstruit par Patel en 1950, il résista au séisme de 2001. Il renferme l'un des douze jyotis linga, les reliques de Shiva  donc très visité et bien gardé par  la police: pas de caméra, appareils photo, mobile ni ... revolver!

Je rentre avec mon carnet et un crayon, suis la foule, une file pour les femmes une autre pour les hommes,  jusqu'à l'énorme lingam en pierre noire, le yoni est en argent, en ressortant je dessine un rondeau  au plafond du deuxième sanctuaire représentant une scène de Trimurti (Shiva, Parvati son épouse et le fiston Ganesh), à l'extérieur une aquarelle rapide du temple, si je me lance dans un dessin j'en ai pour plusieurs heures!

Sur la plage devant ce temple de la mer, les Indiens regardent les vagues et font des balades à dos de chameaux affublés de chapeaux de pailles.

Retour à Veraval promenade vers le phare et la plage déserte, une grande éolienne hors service et au loin, les vagues de l'océan Indien qui brisent sur les falaises.

 

 

Mardi 6 mars

Ce matin, petite distance pour changer de ville; 80 kms fait en deux heures dans un beau bus calme, si si cela existe!

Me voilà donc à Junagadh, une très, très belle ville nichée entre quatre petites montagnes.

Tout l'après midi je me promène dans la vieille cité, les habitants sont charmants comme dans tout le Gujarat, il y a des bazars qui ressemblent à ceux de Bénarès ou d'Haridwar: des ruelles minuscules, encombrées de marchandises, de bijoutiers et des vendeurs de bangles. J'arrive sur une magnifique place en demi-cercle avec des porches ouvragés surplombés de hautes horloges et des bâtiments immenses de l'époque des Nababs. Je traverse ces quartiers émerveillé jusqu'au Fort Uperkot, a l'intérieur; une ancienne mosquée, des grottes Bouddhiques, deux baolis (réserves d'eau souterraine), tous les gens que je croise me souhaitent la bienvenue en Gujarati et malgré les difficultés linguistiques nous arrivons à nous comprendre par L'Hindi (tola, tola: un petit peu) et trois mots d'anglais.

En soirée; cyber café hyper lent, j'abandonne vite, j'en trouverai peut être un plus rapide demain si j'en ai la force car demain: lever 6h pour attaquer l'ascension de  Girnar hill, une des petites montagnes, 7000 marches au programme, trois fois plus que Palitana, pour aller visiter plusieurs temples au sommet.

 

Mercredi 7 mars

A 7h j'attaque les premières marches de Girnar Hill, la montagne des Dieux, il fait frais et  il n'y a pas foule. Les mille marches du début montent à travers une forêt de teck, les singes blancs gambadent autour de moi, toute la montée se passe à l'ombre de la montagne et  tous les 500m. Il y a une petite shop qui vend de la boisson et des biscuits. Il me faut 2h ½ pour arriver au niveau des marches numéros 5000, à cet endroit il y a quatre ou cinq temples Jains magnifiques, je continue, je les visiterai à la descente... A 10 h j'arrive au sommet au temple Hindou d'Amba Mata où je peux faire sonner une grosse cloche au milieu de drapeaux qui claquent au vent, le paysage est superbe.

La descente s'avère pas si facile que cela, les jambes sont déjà bien fatiguées et maintenant c'est les genoux qui sont sollicités.

Visite d'un petit temple Hindou dédié à Gaumuck (le museau de la vache délivrant les eaux du Gange), petite pause en compagnie de saddhus.

Plus bas les temples Jaïns, imposants et finement sculptés dominent toute la vallée, l'un d'eux tout en pierre très foncée présente sur son  pourtour de très belles sculptures expressives, je peux pénétrer dans un second, Neminath temple, en laissant mes appareils photos à l'entrée, les temples Jaïns sont très surveillés et  toujours quelqu'un m'accompagne en me collant aux pieds... grand ensemble de bâtiments en pierres foncées, coupoles recouvertes de mosaïques et terrasses de marbre en damiers, dessins rapide car le temple ferme je le mettrai en couleurs plus tard...

A 15h je suis enfin redescendu avec les genoux qui capotent, je ne suis pas le seul, quelques indiens descendent les dernières marches en crabe.

Une bonne douche à l'hôtel et je pars pour une sieste.

Séance de cyber café, je suis en retard car à Véraval je n'en ai pas vu un seul, les images sont très lentes à télécharger, j'y passe  deux heures pour  faire une mauvaise manip et tout perdre, j'abandonne pour aujourd'hui, je vais faire des images moins lourdes à l'avenir.

Ce soir massage des jambes au camphre...

 

Jeudi 8 mars

Quelques douleurs dans les jambes quand même...

Troisième tentative Internet, ici à Junagadh c'est   t r  é    s       ,         t         r          é              s                          l             e                 n                t, il me faut une bonne demi heure pour ouvrir ma boite e-mail quant au téléchargement des images que j'ai déjà réduite de moitié, au bout de 25 minutes, la machine bloque sur le premier fichier, finalement je repasse une bonne heure sur l'ordi du patron, plus puissant pour envoyer péniblement mon courrier sur Diu. Voilà comment on passe une demi-journée en Inde...

L'après midi, visite de l'Aryuvédique collège dans un ancien palais Nabab en cours de décomposition, les médecins sont très serviables mais ils m'expliquent que leur petit musée a été transféré à Delhi, ils me montrent quelques plantes rares ainsi qu'une vieille carte où l'on peut trouver ces plantes en voies d'extinction et me conseille de prendre des renseignements en France.

Un ricksaw m'emmène au mausolée Mahabat Maqbara, propriété abandonnée par un nabab rallié au Pakistan. L'édifice a été construit en1892 avec une complexe architecture Indo-Islamique-Gothique surprenante, il est entouré de quatre minarets en pierres entourés d’escaliers  extérieurs en colimaçons, dessin rapide.

Promenade au frais dans les ruelles du chowk (le bazar), achat d'une bague ancienne en argent: un petit lingam entouré d'une rosace. Photographies des artisans qui posent volontiers.

 

 

Vendredi 9 mars

Bon une chose est sure; c'est le surlendemain que les mollets crient douleur mais pour prendre le bus ça ira!

Arrivé à Jamnagar après 3h1/2 de trajet, visité 4 hôtels avant de trouver le bon, un peu cher mais frais et propre et relativement calme (on a plus vingt ans!)

Un peu de repos dans la chambre, aquarelle de pèlerins Jaïns vus marchant vers la montagne des Dieux. Ils font peine à voir avec leurs chariots d'handicapés où ils se relaient tour à tour, leurs bâtons portant le petit baluchon mais c'est surtout leurs tristes mines qui étonne, autant les sâdhus et swamis Hindous sont souvent rayonnants, eux ont les yeux cernés, ont l'air sous alimentés c'est vrai qu'ils mettent un bâillon devant le nez et la bouche pour éviter d'avaler et tuer les insectes...

L'après midi balade vers le lac, la ville est très propre, des balayeuses et des poubelles partout, ce quartier mélange l'ancien et des bâtiments très modernes.

Visite du temple d'Hanuman, le dieu singe, un édifice moderne sans grand intérêt si ce n'est qu'un groupe de musiciens chante « shree ram jay ram jay jay ram » nuit et jour, 7 jour sur 7, 24h sur 24 depuis 1964 sans interruption, il doit doivent se relayer pour  faire les trois huit.

Plus loin un magasin d'assemblage de Tchagros (moto à 3 roues), moteur Enfield 750 cm3 diesel, le magasin voisin les peignent et les customisent de rétroviseurs, de klaxons et de clignotants par dizaines.

Visite de 2 petits temples de quartiers comme je les aime, tranquilles et beaux dans leur simplicité.

Passage sous Khambhalia gate, l'une des nombreuses portes anciennes de la ville construite par les Rajpouts et retour à la nuit tombante par un quartier où des dromadaires au repos bavent et ruminent, Jamnagar s'anime, toutes les boutiques sont ouvertes, il y a des milliers d'Indiens dans la rue qui prennent le frais autour d'un thé ou d'un pan (chique de béthel et épices diverses).

 

Samedi 10 mars

Visite de la vieille ville et du quartier des temples Jaîns, trois temples sont installés au cœur de la ville, édifices en marbre blanc avec des incrustations de marbre coloré, pour une fois je n'ai pas de garde chiourme dans mon dos et je peux faire quelques photos d'Ambika le Dieu Jaîn. Balade dans Subhas market un grand marché aux légumes dans un bâtiment circulaire ancien. Visite d'un petit temple Hindou et je pars me perdre dans Chandi bazar, des paysans de la région sont montés à la ville dépenser leurs roupies, ils portent le costume traditionnel: tout blanc... (blanc/gris) avec turban, veston à volants plissés, pantalon bouffant resserré des genoux aux chevilles et des grosses pompes en plastique noires, l'un d'eux s'allume un énorme shillum. Au fil des ruelles labyrinthiques je me retrouve dans un vieux quartier habité essentiellement par des musulmans, ici encore, c'est triste à dire mais l'hygiène laisse à désirer... je fais une photo de mômes à leur demande, ils se foutent des claques, se battent et la situation tourne à l'émeute quand je leur montre  les fichiers... Décidément; not éducated !!!

Un ricksaw me ramène dans mon quartier car à tourner dans les ruelles je suis complètement perdu.

J'ai repéré un cyber café « I way » en général ils ont des connections rapides, hélas, ce n'est pas le cas et pour télécharger mes diaporamas de photos cela prend presque trois quarts d'heure pour 4 mo, le premier pars péniblement quant au second: une panne d'électricité me fait perdre encore 3 quarts d'heure, j'enrage et maudit ces machines poussives mais c'est l'Inde... je crois que je vais arrêter les diaporamas et envoyer moins de photos plus légères, bref encore trois heures passées pour pas grand résultat.

Je  passe mon début de soirée, pendant qu'il reste un peu de lumière, dans deux rues où j'ai repéré des entrepôts avec des allées et venues d'attelages de dromadaires, je tourne autour de l'un d'eux à petite distance, l'animal me sent et est visiblement énervé par cet homme blanc à entendre ses blatérements inquiets et je préfère prendre un peu de distance.

Dernière petite visite à un petit temple de quartier, pendant que je dessine un bel Hanuman coloré qui tire  la langue, je me fais attaquer par une armée de moustiques virulents, je supporte cinq minutes de ce régime et m'enfui pensant avoir assez donné de mon sang à cet Hanuman/Kali.

 

Dimanche 11 mars

Je pensais  partir pour Bhuj lundi mais je me plais bien à Jamnagar je quitterai cette plaisante ville mardi.

Hier je me suis payé des tubes de gouaches et ce matin je me fais une séance de peinture à l’hôtel. En milieu d' après midi je pars me balader autour du lac Ranmal, il ne fait pas trop chaud, une petite brise rend la promenade confortable, des oiseaux de la réserve naturelle de Khijadiya distante de 15 km sont posés sur l'étendue d'eau et pêchent tranquillement pendant qu'autour, à l'approche de la soirée les habitants de la ville sont venus en masse se promener et déguster une glace. Sur les places, les jeunes jouent au cricket, j'ai beau observer, je ne comprends rien à ce jeu ! Dans les jardins publics, les toboggans et balançoires sont pris d'assaut par les enfants.

 

 

Lundi12 mars

Ce matin je vais du coté de Kalawat gate pour essayer de visiter des fabriques de Bandhanis, une technique d'impression sur tissus composé de centaines de petits nœuds enfermant une graine, je trouve des boutiques, des ateliers de teintures mais j'arrive à comprendre que les nœuds sont réalisés par des femmes dans des campagnes isolées, j'achète un très beau sari en mélange de soie coton. Ce quartier est très animé avec des bazars dans toutes les rues adjacentes, sur le pont qui enjambe la rivière Rangmati, juste avant d'entrer dans la ville fortifiée, les paysans se croisent chargés de marchandises.

L'après midi balade dans la ville nouvelle, je trouve un cyber café qui crapahute, cela me réconcilie avec ces machines, en une heure je récupère mes six heures perdues les jours passés. En fin d'après midi je prends ma nouvelle courroie de rolleiflex en cuir jaune commandé hier chez le cordonnier (un euro) et je file prendre livraison de mon sari repassé.

Pendant qu'il reste un peu de lumière je me poste au carrefour du coin; il y a une belle affluence et photographie quelques attelages de dromadaire des villes, les rickshaw vespas crachent une fumée bleue, la pollution est telle que je suffoque et tousse comme un tuberculeux, je constate que les indiens eux non plus ne crachent pas que du béthel.

 

« L'heure des chiens... » (bonus).

2h du matin, je profite d'une insomnie (due sans doute à un thé un peu tardif qui avait d'ailleurs un goût prononcé; essayez un thé au lait bien sucré... au lait de chèvre, c'est pas mal mais c'est buvable), bref, l'heure des chiens c'est quand les Indiens se sont un peu calmés, il reste bien quelques cinglés du klaxon trois tons ou bien une paire d'individus ayant le même problème que vous, sauf qu'eux ont fait la sieste de midi à 4h et ont maintenant une discussion animée à propos de cricket juste sous votre fenêtre.

C'est donc l'heure où les chiens hurlent leur maudite réincarnation en déambulant par horde entière pour se disputer un territoire où quelques détritus ont été laissé par les vaches. Foutus chiens qui comme certains individus déjà cités lézardent toute la journée au soleil tranquillement lové dans un nid de poussières, donc, pendant deux heures ça aboie, ça hurle à tous les carrefours.

Un rickshaw vespa profite de ce moment où il n'a pas trop de client pour régler les gaz de son moteur pétaradant dont l'échappement bien sur laisse à désirer. Au fait la grande mode en ce moment, c'est le sound système ultra infra basse en vespa... terrible, ça change des hyper aiguës! Ce serait sous nos douces contrées, notre homme aurait depuis longtemps pris un coup de fusil, quand je vous dis qu'ils sont tolérants ces Indiens, c'est n'est rien de le dire; une fois à Madras j'ai été réveillé a 4h le matin par un hurluberlu qui écoutait sa télé en en faisant profiter tout le quartier et personne ne lui dit rien... vous avez déjà mis votre TV à fond?, jamais, ici c'est très fréquent et une TV à fond essayez: ça pulse!

Revenons à notre insomnie; entre 5 et 6h le rythme des klaxons reprend et en plus vous commencez à entendre les ablutions de ceux qui se lèvent tôt, ceux qui ont bien dormi, un indien commence toujours sa journée par des raclements de gorges pour se nettoyer l'eusophage, c'est assez sonore, ça ressemble au bruit qu'on fait quand on appelle Raoul (quand on gerbe si vous voyez).

En fait le grand silence n'existe pas en Inde et après 6h c'est reparti pour un tour.

L'indien tolère tout cela avec résignation.

L'indien adore le bruit synonyme de vie et je me demande si  l'indien perçoit les sons de la même manière que nous, si leur système auditif est réglé sur les mêmes fréquences...

Prenez la sonnerie du téléphone mobile, depuis deux ans ils en on presque tous un, d'ailleurs ils roulent en moto  en composant leurs numéros de portable ou vérifient leurs messages au guidon, ah! oui, la sonnerie c'est plus une sonnerie, c'est une charge de cavalerie.

Heureusement les Indiens continuent à me faire rire.

 

 

Mardi 13 mars

8h départ en bus pour Bhuj. Si j'avais été sur qu'il y ait une liaison maritime entre Dwarka, une ville sainte Krishnaïte et Mandvi puis Bhuj, cela aurait évité le contournement par la route de tout le golfe du Kutch mais connaissant les Indiens et leur peur viscérale de la mer et renseignement pris, cette voie pourtant inscrite sur les cartes n'existe pas ou plus.

C'est donc un trajet de sept heures qui m'attend. Vers 11h nous traversons une grande zone de marais salant à perte de vue, sûrement le fond du golfe et un aperçu de « little rann of Kutch » un désert salé décrit avec des paysages fantastiques mais il faudrait s'enfoncer en véhicule privé et mon bus gouvernemental file sans s'arrêter.

Nous rejoignons la route d'Ahmedabad, une quatre voies, parfois six, je pense en finir plus vite que prévu mais c'est sans compter que nous abordons une région hyper  industrialisée; des cheminées d'usines partout, des raffineries, des complexes chimiques, un énorme port de porte contenaires, des usines de traitement de sel et surtout des scieries de teck par centaines et cela engendre une densité de camions et de semi-remorques incroyable et c'est avec une allure d'escargot que nous franchissons cette zone. Le bus s'arrête de plus en plus souvent dans de petites stations, beaucoup de ces villages sont partiellement détruits par un gros tremblement de terre survenu en 2001.

150 00 personnes y laissèrent leur peau soit 10% de la population de Bhuj, 145 000 maisons détruites cela laisse des traces... En faisant une première balade dans la ville je constate que des façades entières de bâtiments se sont écroulées, la ville se partage entre des ruines et des bâtiments neufs en béton brut de décoffrage. Pourtant les restes de l'ancienne ville ont déjà été restaurés;  des fortifications, un grand bassin avec quelques ghats, de beaux temples et une vielle ville qui a bien résisté au séisme avec un petit bazar qui ne manque pas de charme.

 

Mercredi 14 mars

Bhuj est une ville assez déconcertante avec ces immeubles sans façades et d'autres bâtiments presque contemporains avec des façades vitrées. Je vais changer de l'argent à la state bank of india, dans ce quartier; boutique addidas, nike et magasins d'informatique.

Aquarelle d'une belle mosquée neuve pendant les heures chaudes.

L'après midi: visite  de Aina Mahal un ancien palais de maharaja construit en 1752 et très abîmé par le séisme, seule la salle des miroirs est intacte et entretenue par le responsable de l'office de tourisme, Mr PJ Pethy passionné par cette restauration, à l'intérieur: des trésors de rois, magnifiques objets, collection de miniatures et de sculptures mises en valeur par des centaines de miroirs, au centre une chambre de rêve pour fumer le narguilé, sur le coté en cour de restauration; une salle pour prendre le thé au centre d’un bassin intérieur avec un système de rafraîchissement de l'eau.

Le palais adjacent, le Prag Mahal plus récent est mieux conservé extérieurement par contre l'intérieur est très mal entretenu, les plafonds tombent, les pigeons ont envahi les grandes pièces et la collection de trophées de chasse part en poussière.

Balade dans le bazar; trois ruelles bien animées, je croise plusieurs touristes occidentaux, essentiellement des Norvegiens, sans doute parce que le maharaja a été ambassadeur en Norvège et il doit rester des liens peut être renforcés par  une aide humanitaire au moment du tremblement de terre...

Ce soir je me paye un bon restaurant, cela faisait Quatre jours que j'étais au régime végétarien et je déguste un poisson gratin d'épinard et un poulet stroganoff dans le meilleur hôtel de la ville, un tour opérator français y a élu domicile, je n'avais pas vu d’occidentaux depuis Diu, ce Gujarat n'est pas beaucoup visité et pourtant...

 

Jeudi 15 mars

Ce matin j'ai pris un bus pour visiter un village à 12 km de Bhuj, toute la région est parsemée de petits villages  abritant diverses ethnies, pratiquant l'artisanat, à Bhujodi il y a une seule rue principale, de chaque cotés, des petites maisons blanchies à la chaux, des petites cours et des vérandas où l'on entend le cliquetis des métiers à tisser.

Quand je jette un regard, les artisans m'invitent gentiment à observer leurs travaux et nous échangeons quelques propos: akba (bonjour en Gujarati) quelques mots d'Hindi et quelquefois en anglais avec un jeune qui a fait des études. Dans les cours paisibles de grands métiers à tisser sont tendus, les  hommes tissent, les femmes filent la laine, de grands écheveaux de laine jonchent le sol. On me propose de l'eau et à manger, je décline et fais quelques photos, je prends l'adresse pour envoyer des tirages.

Plus loin un peu à l'écart du village, une coopérative artisanale formé d'une dizaine de huttes et présentant diverses techniques de plusieurs ethnies d'anciens nomades reconvertis: tissage, impression sur tissus, bandhanis, travail du cuivre et du métal, poterie, tables en bois gravées, que de belles  choses  et il faut se faire violence pour limiter ses achats, les prix sont fixes avec un système « produits équitables » sans intermédiaire, je me laisse tenter par une écharpe finement tissée et une belle paire de ciseau de couturier en acier et bronze. Un très beau tapis en laine de chameau  naturelle et tintée indigo m'aurait bien tenté mais son poids me freine, je vais me renseigner pour des envois par bateaux de Bhuj...

Un camion Tata Truck me ramène au bord de la route de Bhuj où un rickshaw collectif me permet de rentrer sur la ville.

Visite du Sarad Bagh Palace, encore une résidence du Maharaja diplomate, sûrement sa résidence secondaire de campagne où il a pu assouvir sa passion pour les plantes et fleurs dans un somptueux jardin; des centaines de bougainvilliers rouges, violets blancs et jaune orangé égayent des bambouseraies, palmiers géants et toute sortes de variétés de beaux arbres. Au fond du jardin, à coté d'un petit palais qui a bien souffert des séismes successifs, dans un grand bungalow colonial; une collection d'objets royaux, de photos souvenirs de voyages internationaux,  Paris, Nice, Stockholm et divers safaris africains, au plafond; des lustres en cristal, dans les vitrines; des collections d'objets en argents massifs, le tout présenté par un gardien jovial.

 

Jeudi 15 mars

Petite journée passée à droite, à gauche; la poste pour connaître le prix d'envoi de paquets en France, petite séance Internet où je collecte les nombreuses questions des enfants du Val d'Oise.

Quelques achats dans le bazar, les prix sont intéressants, la qualité est présente, les discutions longues et intéressantes avec les vendeurs qui pensent à autre chose qu'à l'argent, bien sur c'est leurs boulots de vendre mais ici dans le Gujarât on ne sent pas l'ombre du « «billet vert » planer au-dessus de nos têtes.

Séance de travail sur  mon ordi. Réponses aux écoles, cela me prend une bonne parie de l'après midi, discussion avec le fils du patron de l'hôtel

Confection de l'emballage du paquet de 5 kg chez le tailleur du coin, après un repas, il est 20 h quand je me mets au travail, il est une heure dix du matin quand j'éteins l'ordi et aujourd'hui je n'ai pas dessiné...

 

Samedi 17 mars

Ce matin petite épreuve administrative: l'envoie d'un paquet pour la France, j'ai mon  marqueur, mon rouleau de scotch et ma colle pour les timbres, surprise! En net progrès, la poste, j'en ressorts en moins d'une heure...

Je prends des renseignements concernant une journée de taxi pour lundi au programme: visite d'autres villages, le marché d' Anjar et la fin de la course à Mandvi avec mes bagages, c'est faisable et abordable.

Pour l'après midi je décide d'aller à 50 km au nord de Bhuj à Bhirendiara, déjà à la station de bus un jeune m'a repéré et me refile sa carte de visite avec adresse d'une famille d'artisan...

Deux heures de bus, à l'arrivée un autre jeune m'attend à la descente du bus, il a été prévenu par téléphone, tout cela m'a l'air un peu trop bien organisé mais j'ai mis le pied dedans autant y aller à fond. Une demi-heure de marche sur une piste dans un demi-désert, le sol est recouvert d'une couche de 20 cm de poussière de sable.

Le petit hameau formé de 5 huttes est placé sur un promontoire de bouse de vache séché, la surface est propre et balayée de toutes poussières, d'entrée la première hutte sert de show room où deux femmes en costume traditionnel m'attendent, un bébé dort sur le sol, sur les murs; des motifs en bas reliefs avec incrustation de petits miroirs, fait avec de la bouse de chameaux mélangée avec du sable et teintée à la chaux.

On me présente des belles couvertures  brodées, des housses de coussins, des étoffes, hélas les prix sont si élevés pour l'inde que je n'essaye même pas de marchander, il faudrait diviser les prix par trois et vu la qualité de travail, je n'ose pas, une femme m'autorise à la photographier mais quand elle comprend que je n'achèterai pas ici elle change d'attitude et je vois qu'elle est furieuse, j'explique que je suis un peu comme eux ; un artiste, que mon budget n'est pas celui d'un américain, que je suis venu en bus et non en taxi d'ailleurs un guide introduit déjà un groupe de français. Je m'installe dehors avec des enfants pour faire une aquarelle, ils parlent anglais, signe qu'ils vont à l'école. Mon hôte est musicien de mariage et joue pour moi quelques morceaux, il me dit que ça lui fait plaisir, il tente surtout de me vendre son CD plus cher qu'en france.

IL fait très chaud dans ce coin, je retraverse mon désert de poussières et prends un mini bus pour rentrer.

 

Dimanche 18 mars

Le dimanche Bug à l'air d'être une ville morte, ils doivent tous partir au bord de la mer, tous les commerces sont fermés, tous les rideaux métalliques baissés. J'en profite pour me mettre à jour avec les élèves du Val d’Oise, ils m'ont posé une palanquée de questions quelquefois assez drôles sur la vie d'artiste.

La chaleur se fait de plus en plus présente et dans l'heure de midi c'est une belle fournaise, j'essaye de visiter quelques autres sites sur Bhuj, je marche beaucoup pour voir quelques ruines et je me retrouve en début de soirée à mon hôtel bien fourbu...

 

Lundi 19 mars

A 8h 40 Mr Shakur Manjothi passe me prendre pour Mandvi, le soleil est un peu voilé, premier arrêt à Dhamanaka, visite d'une petite entreprise Ahir d'impressions Block print, tampons en bois ou métal, dehors des hommes fixent et rincent les tissus, le fils m'explique les teintures: indigo chimique pour le bleu foncé, indigo naturel pour le bleu ciel et de la rouille oxydée pour les noirs et curcuma ou tamarin pour les jaunes. Un travailleur m'applique gentiment son tampon sur mon carnet de voyage.

Vingt kms plus loin mon chauffeur me prévient que je n'ai jamais vu ce qui va venir, nous entrons dans un atelier de broderie 10 femmes assises par terre le nez dans le tissus exécutent une broderie d'une finesse époustouflante, trois mois pour réaliser un carré de 70cm X 70cm plusieurs années pour un sari, une femme coupe des petits miroirs de 8mm de diamètre qui seront incrustés par centaines dans l'étoffe, une femme entre, une surveillante qui relance les travailleuses, je vois bien qu'il ne faut pas les distraire et je les remercie...

A  11h sous un beau soleil, nous arrivons à Anjar, un gros village où se tient le marché du lundi, beaucoup de Rabaris, ethnie nomade à 70 pour cent originaires d'afganisthan ou du désert de Sindh, ils déplacent leurs troupeaux parfois  jusque dans le sud de l'Inde. Les femmes sont habillées en noir, les hommes tout en blanc ce sont eux qui ont des vestons à volants.

Je déambule pendant 1h30 au milieu de cette foule colorée par les autres ethnies et les Indiens en grillant de la pellicule, les gens me sourient, me demande si je vais bien, quelques vieux  possédant un excellent anglais poussent plus loin la discussion.

A 14 h nous arrivons à Mundra une ancienne ville portuaire, d'emblée mon chauffeur attentionné me dépose dans les vieux quartiers, j'achète quelques bananes (le goût des petites bananes indiennes moelleuses et sucrées... Mm!) de chaque coté de la ruelle des linteaux de portes sculptés dans la pierre, des balcons en bois travaillés et peints de couleurs pastels.

Après une petite heure je retrouve Shakur et son Ambassador confortable, nous roulons quelques 25 km jusqu'à Bhujpur un autre village où vit une partie de sa famille, sa tante, une vieille femme de 70 ans prépare le tissus pour l'impression Tie & Dye un bandhani très fins où les petits nœuds se touchent presque, le tissus est enroulé de plusieurs tours et deux demi-clefs bloquent la réserve d'impression, là encore c'est un long travail de patience. Leur voisin a un atelier d'impression Block print, mais là, le bloc est imbibé de cire chaude, le motif sera en réserve blanc sur fond, lui, teinté, (la cire disparaît dans des bains d'eau bouillante) je demande une application sur ma page qu'on ne me refuse pas.

Le temps rechange pour devenir lourd et humide, nous arrivons à Mandvi. Le long du quai, d'énormes bateaux de fret en chantier, l'hôtel choisi est le bon et

journal du voyage de Bombay à Delhi par le Gujarat - Publié le 08:11 le 6/06/2007 par francois

 

 

 

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Jeudi 8 février 2007

Voilà, je suis arrivé à  Bombay, deuxième ville de l'Inde mais la plus peuplée (22 millions d’habitants recensés.) Il fait bon, la température n'est pas trop chaude, peut être 25 à 28 degrés. Après avoir trouvé un hôtel, ce qui n'est pas une mince affaire dans cette mégapole surpeuplée, je vais me promener dans la ville à la recherche de situations intéressantes pour mon regard d'artiste et en Inde il n'y à pas à aller très loin pour être servi, pour exemple, je pénètre dans un quartier de pêcheurs et je croise un dompteur de rat qui promène son animal en laisse, bien sur je n'ai pas le temps de faire une photo mais cette vision me surprend tellement que le soir je commence mon carnet de voyage par une aquarelle qui représente  la scène avec les enfants qui jouent et les marchands de légumes assis en tailleur devant leur maigre étalage.

L' après midi je pars flâner et faire quelques achats dans un bazar du coté de la grande gare de train, Victoria Station date de l'époque coloniale Anglaise, je pénètre à l'intérieur pour faire quelques photographies, (il faut que j’y revienne au moment des heures de pointes où une véritable marée humaine débarque des trains de banlieues) mais même en plein après midi la vie y est quand même active et des hommes déplacent à la force des bras de lourds chariots surchargés de tonnes de marchandises.

En début de soirée, je profite d'une petite brise marine bien venue pour me rafraîchir au bord de la mer d’Arabie et assiste au déclin du jour ou le ciel passe du jaune orangé au violet pourpre, c'est toujours un moment magique en Inde...

 

Vendredi 9 février

Réveillé très tard ce matin: 11 heures, toujours ce pénible décalage horaire à rattraper (4h30), je n'arrive pas à m'endormir avant 3 ou 4 h et pourtant plus on se lève tôt plus on profite des heures fraîches.

Je prends un bateau pour aller visiter Elephanta; une île au large de Bombay qui abrite des temples rupestres datant de 450 à 750 ans avant Jésus Christ.

Dédié au dieu Shiva, les grands bas-reliefs sont sculptés dans la pierre au fond des grottes, je peux admirer un visage de Shiva tricéphale (regardant dans trois directions), une autre représentation de Shiva dansant le Nataraja et plusieurs gros Lingams noirs (symbole de Shiva le créateur).

Je fais quelques photos en pose très lente, l'appareil calé sur le sol pour ne pas bouger car la luminosité est très faible.

De retour sur le continent, je prends un taxi ( à Bombay une voiture sur deux est un taxi, une espèce de Fiat des années 50) pour essayer de trouver un parsoleil pour mon Rolleiflex, peine perdue, les magasins de photos ne vendent que du matériel numérique de dernière génération, on m'indique un marché au puce? On verra cela plus tard...

Je reviens sur « Gateway of India » (la porte de l'Inde), un monument / arc de triomphe construit par les Anglais à la suite de la visite du roi Georges V en 1911, c'est maintenant un lieu emblématique où se rassemble, le soir à la tombée de la nuit,  la classe moyenne Indienne.

Je prends un chai (un thé au lait et à la Kardamone).

 

Samedi 10 février

Aujourd’hui je voulais aller réserver mon trajet en bus pour rejoindre Daman, ma prochaine étape, et je dois changer de programme car j'ai déjà attrapé une « Touriste », ce n'est pas une maladie grave mais, dirais-je, on ne peut pas s'éloigner de plus de 5 minutes des cabinets...

J'ai acheté des médicaments, il faut boire beaucoup d'eau pour ne pas se déshydrater et attendre que cela passe, ça ira mieux demain et je profite de ce repos forcé pour mettre à jour ma correspondance.

Et puis je vais arrêter la cuisine épicée Indienne pendant une journée ou deux, régime riz blanc et légumes bouillis.

Suite bombay / Arrivée Nasik

 

En fin de journée, je vais visiter la galerie nationale d'art moderne, une belle exposition d'artistes Indiens plus intéressante que ce que j'avais pu voir il y à deux ans à Calcutta. Des installations d'avant garde: sculptures, peintures et vidéos, je commençais à faire quelques photos quand un gardien zélé est venu me dire que c'était interdit et m'a demandé d'effacer toutes les prises de vue (vive le numérique!) mais bon l'essentiel c'est d'avoir pu regarder cette sélection. Déjà il y à seize ans, lors de mon  premier voyage, j'avais remarqué qu'à Bombay, l'art contemporain était moins conservateur qu'ailleurs, j'avais vu une exposition d'un sculpteur qui présentait des petits bronzes, elle a influencé mon travail pendant quelques années.

Ce soir je vais déjà mieux et j'ai faim, c'est bon signe...

 

Dimanche 11 février

Réveil encore tardif mais en pleine forme, je prends un taxi pour Chor bazar, les puces de Bombay. Dans ce quartier musulman, cinq ou six rues abritent des petits magasins d'antiquités; meubles coloniaux, pièces d'accastillage de bateaux qui viennent sans doute des chantiers de démolition d'Alang dans de Gujarat, peu d'appareils photos sauf dans  une boutique où je peux admirer une belle chambre « Graflex », quelques appareils allemands d'avant guerre, quelques « Rolleiflex » mais pas le modèle qui m’intéresse, je vais donc me passer de parsoleil !

L' après midi, je reprends un taxi qui me dépose à Chowpatty Beach, La plage de Bombay et je m'aperçois que les choses ont changé, d'une vasière immonde, la municipalité en à fait une belle plage de sable doré, un tracteur poubelle longe le rivage et ramasse tout ce que les vagues apportent de plastique et autres saletés, par contre la couleur gris foncé, presque noire de l'eau n’incite pas à la baignade.

Je reviens sur Colaba à pied en longeant le front de mer et les immeubles « modernes », une longue promenade de presque dix kilomètres, en arrivant sur Marine Drive, une équipe de cinéma tourne un film depuis un véhicule, la police évacue la foule de badauds à grand coup de sifflet, Bombay est la capitale du cinéma « Bolywood » et cette scène est assez fréquente.

 

Lundi 12 février

Au réveil une petite pluie d'orage tombe sur Bombay pour notre départ de cette ville et, changement de programme, je décide de faire un petit crochet sur mon itinéraire vers le Gudjarat en partant au Nord du Maharastra pour visiter Nasik une petite ville à 170 km de Bombay.

Par malheur je choisi une compagnie privée au lieu de me fier aux bus gouvernementaux (un peu à cause de mon taxi qui ne m'a pas compris où qui s'est pris une commission en me déposant loin de la gare de bus et à proximité d'agences de voyage) du coup le bus fais le tour de Bombay pour se remplir et c'est vers midi que mon véhicule quitte enfin les faubourgs de la ville. Trajet de quatre heures sur une route en travaux qui monte vers les plateaux du Deccan.

A 600 m d'altitude, Nasik est une citée très Hindouiste avec des centaines de temples et de ghats d'ablutions, elle borde les rives de la Bagarati un des fleuves les plus sacrés d'Inde.

Première sortie après avoir trouvé rapidement un bon hôtel dans le quartier ancien et très bonne impression, ville remplie de pèlerins, très vivante et pas l'ombre d'un touriste occidental, (ils filent tous s'entasser sur les plages de Goa pour écouter de la techno sous les cocotiers).

Ce lundi c'est « Chankar day », à cette occasion un char décoré et une fanfare remonte une rue étroite précédé d'un groupe de jeunes filles qui dessine à une vitesse vertigineuse des rangolis sur le sol (des figures rituelles).

Je finis ma journée par une promenade sur les ghats d'ablutions où un magnifique marché aux légumes et aux épices dégage des senteurs aromatiques dans la fraîcheur du soir.

 

Mardi 13 février

Ce matin, visite du temple « Narayan Shankar », beau  petit temple en pierre noire. La cloche d'entrée provient d'une église portugaise. J'achète ma petite barquette d'offrande contenant quelques fleurs, deux bâtons d'encens pour offrir à Shiva et des confiseries pour Ganesh qui est très gourmand. Je dépose mon obole dans le tronc et le brahmane me pose un Tika de safran entre les deux yeux, me voilà paré pour la journée, je me poste dans la cour du temple pour faire deux croquis.

En fin de matinée je remonte les rues de la vieille ville, il y a des boutiques de bondieuseries en pagaille, des bijoutiers et les enfileurs de perles que j'admire pour leur dextérité. Plus haut j'aborde les quartiers modernes, la circulation est intense et il vaut mieux regarder à trois fois avant de traverser les larges avenues, la gare de bus est dans ce quartier, je me renseigne pour les bus à destination du Gujarat, il y en a cinq par jour pour Vapi à dix km de Daman; parfait...

Je redescends tranquillement à travers cette foule grouillante en m'arrêtant déjeuner dans un restaurant de rue pour reprendre des forces ( c'est fou ce qu'on dépense comme énergie à marcher dans ces rues !!!).

Je me retrouve sur les ghats quand le soleil est moins fort pour faire quelques dessins du temple visité le matin. Trente secondes après avoir fais mes premiers traits je sens derrière mon dos une assemblée qui observe et plus il y a d'Indiens plus il en arrive, par moment je suis complètement entouré, je ne vois plus rien, un homme prend les choses en main et explique aux autres de dégager mon champ de vision, c'est toujours comme ça, il faut s'habituer.

Je finis mon après midi en me promenant sur les ghats, l'appareil photo en bandoulière, comme partout dans ces lieux saints je suis sollicité par des mendiants/pèlerins et j'ai vite fait de distribuer tous mes petits sous.

Au bassin le plus sacré « Ramkund » règne une effervescence incroyable autour d'une fontaine d'où sort l'eau bénite et dont les dévots s'aspergent.

Le soir au dîner me  fait servir un Tali qui pête le feu, j'en ai les yeux, le nez et les oreilles qui pleurent. ( un Tali est un plat traditionnel qui se compose d'un plat de riz blanc, de petites assiettes de légumes épicés; lentilles, petit pois, pommes de terre, épinards et de crêpes salées ainsi qu'une coupelle de yaourt).

 

Mercredi 14 février

Dernier jour à Nasik, j'y reviendrai sûrement car cette ville à quatre heures de Bombay est  une bonne solution économique et culturelle.

Ce matin je n'ai pas  trouvé de cyber café ni de distributeurs bancaires pour cause de panne d'électricité je me dirige vers la vieille ville pour faire quelques achats dans les boutiques de bondieuseries, je trouve une petite pierre gravée représentant les pieds de Rama, un autre dieu, (il en existe trois cent mille dans le panthéon Indou), un sachet de mèches en coton pour faire l'offrande du feu (agni), un beau collier en perle de Chine.

Balade sur les ghats du coté de « Ramkund » le bassin le plus sacré où je m'installe pour dessiner pendant que les pèlerins défilent devant la belle fontaine.

Suite de la promenade du coté des ponts, ici un petit marché vient de s'installer et en quelques minutes les gros poissons sont découpés et vendus immédiatement, sur  un autre pont des femmes tribales entourées  d'une ribambelle d'enfants vendent sur un linge des gris-gris, dents de tigres, coquillages et des racines médicinales de tout genre.

Ce soir pour la première fois à Nasik j'ai croisé trois touristes occidentaux.

 

Jeudi 15 février

9h30, gare de bus « New CBS » de Nasik, en attendant le bus pour Vapi, une petite naine fait la manche, une naine c'est pas bien grand et une petite naine c'est vraiment tout petit mais sa grande personnalité fait que tout le monde lui donne quelques roupies.

Quand le véhicule arrive c'est la cohue, ça crie dans tous les sens, ça s'entrechoque, heureusement que j'ai eu la bonne idée de réserver ma place. Ceux qui sont montés les premiers en courant s'aperçoivent qu'ils se sont trompés de bus; croisement dans l'allée centrale encombrée de bagages en tout genre, re cris, panique et dispute, coup de sifflets le bus s'ébranle.

Autour de Nasik, des vignes dans une belle campagne vallonnée, quelques vachers font la sieste à l'ombre d'arbres épars, le bus cahotant et couinant des freins enfile tranquillement la petite route sinueuse qui descend les collines du Deccan. A l'arrière une équipe de cricket entame des chansons de film Bollywood.

14h30, arrivée à Vapi, Daman n'est plus qu'à 10km, un taxi collectif « Ambassador » (genre de grosse 403) m'y emmène. Vapi à l'air d'un gros bourg sale, bruyant, pollué et  bétonné je suis content de ne pas m'y arrêter!

A Daman je trouve un bel hôtel, je deviens un routard de luxe! , une ancienne demeure portugaise du 15 ème siècle superbement restaurée, le sol est recouvert d'un magnifique parquet noueux en chêne foncé et le mobilier sûrement plus récent s'harmonise bien avec l'ensemble, les plafonds sont très haut et laissent apercevoir la charpente en bois et les grosses tuiles du toit.

Je pars en balade sur le port où quelques bateaux de pêche sont échoués à marée basse, je fais des photos, les pêcheurs m'interpellent amicalement.

La petite ville est  charmante et tranquille et il reste pas mal de maisons anciennes. Face au port, une petite île fortifiée: MotiDaman, un pont la rejoint, j'irai voir ça demain...

Je finis ma journée par une bonne séance de travail au cyber café, un petit contrat avec l'éducation nationale m'y oblige mais c'est un plaisir de partager mes émotions avec des élèves de CM2 du Val d'Oise.

Repas du soir: un « Pomfret » et un chicken do piazza.

 

Vendredi 16 février

Excursion sur Moti Daman, l'île fortifiée, petite marche pour y arriver, traversée du pont, puis une lourde porte en bois permet d'entrer dans l'enceinte fortifiée; à l'intérieur, de larges avenues avec de gros arbres centenaires, tous les bâtiments de l'époque coloniale Portugaise (1559) servent maintenant à l'administration Indienne. J'entre dans la cathédrale, une femme embrasse les pieds d'un grand christ chromo.

Je prends ensuite une vespa rickshaw jusqu'à Jampore beach une belle plage, à la lisière, des grands pins donnent de l'ombre.

Des familles se promènent, les enfants montent à cheval pour 15 roupies, deux pêcheurs tirent un filet, quatre hommes transportent des réverbères qu'ils plantent en haut de la grève et quelques photographes-filmeurs promènent leurs Nikon vétustes.

Déjeuné d'un succulent poisson tika tandori (brochette).

De retour sur Nani Daman, la marée est haute, les bateaux flottent; dessin à l'abri du soleil au zénith avec une petite brise marine bien agréable.

L'après midi je flane dans le bourg, achète une chemise de marque « Raymond », donne mon linge à laver chez le dobbi wallah et finis ma journée sur la plage, la mer redescend très bas laissant apparaître un fin gravier très noir.

Des centaines d'Indiens sont venus pour le coucher du soleil; le sunset point est une véritable institution en Inde car propice à la méditation, mais ici, Daman étant une des deux villes du Gujarât où l'alcool n'est pas prohibé  pas mal de gens méditent avec la bière, le whisky et au « feni » un alcool de noix de cajou et de noix de coco...

 

Samedi 17 février

 

Pour ma dernière journée à Daman j'essaye de voir ce qui me reste à visiter, tout d'abord, se renseigner pour quitter la ville demain. Il n'y a pas de bus direct pour Ahmedabad sauf à repasser par Vapi, par contre un bus part tous les matins pour Vadodara à 100 km d’Ahmedabad, va pour Badora, il y a sûrement des choses à voir...

Promenade sous le soleil, en partant de la plage jusqu'au port; village de pêcheurs, séchoirs à poissons, barques échouées et éplucheuses de crevettes.

Petit tour sur les remparts du fort Jérôme et retour sur la plage pour déguster des crevettes curry façon Goa.

Visite de deux temples en fin d'après-midi: le premier est un temple jaïn, marbre sur le sol sous le plafond: de beaux bas-reliefs polychromes, je dessine une représentation de Lingam, auquel, dans un puits, un baba s'abreuve du nectar d'immortalité. Dans le second, un petit temple de quartier entretenu par un charmant brahmane âgé qui m'autorise à photographier un « Minium god » à l'effigie d'Hanuman le dieu singe, avant de sortir l'homme religieux m'offre quelques cristaux de sucre candy.

Au crépuscule je me retrouve de nouveau sur la plage face au coucher de soleil.

 

Dimanche 18 février

Mon bus quitte Daman à 11h30 et remonte vers le nord en empruntant un genre d'autoroute à 6 ou 4 voies, (avant 2004 les routes faisaient à peine 2 voies et les croisements étaient acrobatiques), à peut prêt tous les 50 km, le bus quitte la grande route pour prendre des passagers dans quelques villes. A 15h nous passons Surat bien content de ne pas avoir choisi d'y stopper; c'est une grosse ville industrielle et polluée. Nous ne sommes plus qu'à 180 km de Badora et la circulation se fait plus dense; beaucoup de trucks et de semi-remorques qui roulent à fond sur la voie de droite (circulation anglaise), sur la voie de gauche les motos, tracteurs et voitures particulières roulent plus lentement.

Sur le 4 voies; un bouchon à l'horizon, notre chauffeur sans hésiter une seconde, traverse le terre plein central par une brèche et roule maintenant  sur la voie extrême droite en sens inverse de la circulation, zigzag entre une dizaine de véhicules, le titi et le chauffeur sont mort de rire, tous les passagers font une drôle de tête et moi je crois halluciner, après un bon km notre bus re rentre dans le bouchon, il a du gagner une bonne demie heure...

Il faut reconnaître que ces chauffeurs, en général maigres et secs, sont de véritables as du volant et les rois de la route.

 

Petite leçon de conduite made in India:

1- si votre klaxon est en panne; ne pas démarrer le véhicule, il est inutilisable!.

2- pour doubler de jour: Klaxonner le véhicule qui vous précède, klaxon Italien à compression de préférence, si le véhicule ne se rabat pas (3 fois sur 4) doubler par la gauche (je vous rappelle: conduite à l'anglaise), attention aux chars à bœufs, ne surtout pas utiliser les clignotants.

3- pour doubler de nuit: Appels de phares avec les longues portées qui sont sur le toit, le camion qui vous précède se range à gauche, utilise ses clignotants... de droite... pour vous faire signe de dépasser,  pendant que vous le doublez... éteignez vos phares, quand vous êtes devant lui vous pouvez rallumer vos phares. (Sensations fortes garanties sur les petites routes étroites.)

Je vous conseille fortement de louer un chauffeur.

Nous arrivons à Vadodara à 20h, je visite 4 hôtels, le premier est carrément insalubre: les draps sont gris foncés, une grosse blatte court le long du mur, le ménage n'a pas été fait depuis des lustres, dans le second le propriétaire, chasse un chat qui devient fou et panique en miaulant dans les rideaux crasseux... bonjour/au revoir, le troisième, conseillé par le guide, est fermé pour cause de travaux, le dernier sera le bon: grande chambre, fenêtre, odeur de phénol donc nettoyé et désinfecté, par contre, déco Indienne: grand tube fluorescent, fan au plafond  ventilateur), peinture vert pistache clair.

 

Lundi 19 février

Vadodara ou Vadora est une ville assez importante et moderne, assez grosses universités donc pas mal d'étudiants. En fin de matinée je visite le Baroda Muséum and Art Gallery, comme souvent maintenant; 10 roupies pour les Indiens, 200 pour les étrangers, je ne suis pas contre de participer plus à l'entretien des musées Indiens mais vraiment la culbute est sévère et pas le droit aux photos.

Des enfants d'écoles font la queue je remarque qu'on peut compter 100 garçons pour à peine 10 filles, l'échographie à fait des ravages...

Heureusement le musée vaut le coup; belles collections  de Chine, Népal, Egypte, bien sur Inde avec des bronzes superbes et des sculptures en pierre. En peinture, Galeries d'art européen avec un beau Gauguin, un Matisse, un Van Dongen, un beau Marquet, un Van Gogh. Il est trois heures quand je ressorts affamé.

Une fois restauré je pars en direction d'un temple que je vois au loin, en fait c'est tout un ensemble de temple qu'un Maharadjah s'est fait construite entre le XVII et le XVIIIème siècle. Dans une annexe un sculpteur contemporain expose des oeuvres représentant Ganesh le Dieu éléphant, je regarde intéressé car les idées sont bonnes;

Ganesh se mélange avec des conques, des végétaux et autres animaux.

Retour par la gare où je veux faire quelques clichés d'un immense parking à deux roues, je me faufile ensuite à travers un marché de rue odorant.

 

Mardi 20 février

Avant de quitter Badora je veux voir ce Baoli ( bassin, puits et réserve d'eau), mon guide le conseille... Ce baoli se trouve dans l'ancienne propriété du Maharaja Fatesingh Sing pour le voir il faut aller chercher un billet d'entrée au musée: 1km sous un soleil de plomb... le ticket donne droit à visiter le palace et le musée mais le baoli est maintenant fermé au public... dommage mais j'aurai l'occasion d'en voir d'autres, ces puits couverts étant une particularité du Gudjarat.

A 15h je prends un bus express pour Ahmedabad, la capitale de l'état du Gujarat, c'est ici que Gandhi installa son quartier général et commença la « marche du sel ». Une heure trente  pour faire 100 km, impensable il y à seulement cinq ans!

Après avoir pris un thé sans faux col (qui déborde et remplie la soucoupe), sans doute une spécialité d'Amdavad, Un rickshaw scooter me dépose dans un quartier populaire, et ancien, les hôtels conseillés sont crasseux, sombres et chers; séance de recherche avec mes 20 kg de bagages, ce n'est jamais un moment très drôle...

Je dégotte enfin un petit hôtel spartiate, c'est à dire sans TV ni climatisation, deux choses dont je me passe volontier, mais propre avec deux fenêtres donnant sur un balcon coursive qui surplombe la rue,  le propriétaire, un Indou, est accueillant et dans la chambre une petite souris me souhaite la bienvenue et je me sens presque comme chez moi...

Petit tour de reconnaissance, la cité a l'air agréable, certes grosse, polluée et surpeuplée mais un rythme plus traditionnel et tranquille que Baroda. Il y a un petit quelque chose qui me fait penser à Calcutta, peut-être cette mixité Indo-Musulmane.

Je dîne dans la rue, une assiette de riz sauté avec des foies de volailles et profite d'être assis à une petite table pour faire un dessin du coin de la rue. En rentrant, je remarque au-dessus d'une mosquée un beau croissant de première lune comme on peut le voir sous les tropiques, c'est à dire les deux pointes en haut.

 

Mercredi 21 février

Erreur de communication ce matin pour le petit déjeuner, je commande des oeufs au plat et je me retrouve devant une grosse portion de riz sauté et épicé, en pensant à la journée  qui m'attend, je l'avale péniblement mais consciencieusement.

Départ à midi pour une longue balade à travers la vieille ville, je commence par la Jama masjid; la grande mosquée toute en grès ocre rouge. Impossible de marcher nu-pieds tellement le sol est chaud, je fais le tour sous une galerie à l'ombre dont les murs sont peints de calligraphies islamiques géantes. Le sanctuaire est surplombé de 15 dômes soutenus par 260 piliers (je crois le guide sur parole) cette grande salle est magnifique avec des balcons ornés de moucharabiehs en pierre taillé.

En partant vers le nord, je m'enfonce dans un dédale de petites ruelles entourées de maisons très anciennes, les rues sont encombrées de bazars en tout genre: la rue des ferblantiers, celle des papetiers, celles des bouchers, celles des bijoutiers etc...

Après deux ou trois bonnes heures de marche, je trouve enfin Hathee Singh Temple, un édifice Jaïn en dentelle de grès ocre jaune. Je ne dessine que l'entrée du sanctuaire car pour le représenter dans son ensemble il faudrait y passer la journée. L'endroit est tranquille et reposant du tumulte de la ville.

Un rickshaw me dépose ensuite au Swaminarayan temple, de même inspiration architecturale que le précédant mais en plus grossier, par contre lui est entièrement polychrome, le sol est couvert de carrelages en marbre, les femmes elles même en saris très colorés viennent toucher un bas-relief représentant les pieds de Ram. L'activité y est importante et le spectacle est très vivant.

Retour à l'hôtel par Relief road où une fumée bleue de pollution me brûle les yeux, Je m'offre une bonne douche au seau d'eau froide (tiède) qui me requinque bien.

Dîné le soir dans un endroit calme et vert le « Green House » où je déguste des échantillons de trois Dosas différents (cuisine du sud de l'Inde) et une salade italienne de papillons à l'huile d'olive, tomates et olives vertes... dénoyautées, s'il vous plait!

 

 

Jeudi 22 février

Hier soir en discutant avec un architecte français en fin de vacances, celui-ci m'affirme que s'il ne fallait voir qu’un baoli ce serait sûrement Alajaj Wav. Cette réserve d'eau à 19 km au nord d'Ahmedabad sera ma découverte du jour.

Le baoli d'Alajaj wav a été construit en 1499 par la reine Rudabai, le puits octogonal est profond de 5 étages entièrement décorés de bas reliefs et de frises sculptées dans le grès.

Prés de l'eau la température chute de 5 à 8 degrés, deux beaux poissons stylisés ornent le mur du fond.

Je remonte les marches émerveillé par cet ensemble et m'arrête pour dessiner le niveau supérieur, des rajpoutes sentant la chèvre me tiennent compagnie.

Je déjeune dans une gargote un excellent Tali pimenté et légèrement sucré, Le serveur est d'une gentillesse attentionnée voyant que j'ai tout avalé, il m'offre des pâtisseries, deux pochons d'eau minérale fraîche et il m'accompagne jusqu'à l'arrêt de bus pour être sur que je ne me perde pas (on voit pas souvent ça chez nous!).

C'est une jeep qui s'arrête; je rentrerai à Ahmedabad plus rapidement...

En fin d'après midi je m'arrête à la mosquée Ahmed Shah qui est malheureusement à contre jour, datant de 1414 elle est une des plus ancienne de la cité, inspirée des temples jaÏns et Indous, je commence à regarder les plafonds, un homme vient vers moi, me demande d'où je viens, je pense qu'il vaut mieux être Français plutôt qu'Américain! Il me prie quand même de sortir parce que c'est l'heure de la prière.

Je sorts me réfugier dans un jardin public pour me reposer du vacarme continuel de la rue, des oiseaux s'ébattent et piaillent. De ma chambre d'hôtel qui donne sur une rue passante les coups de klaxons  sans interruptions ne me permettent pas de m'endormir avant 2 ou 3 heures du matin et à 5 heures les haut-parleurs des mosquées me réveillent en douceur mais les klaxons reprennent de la vie tout de suite après.

Il est huit heures, je prends une bonne douche tout en lavant ma chemise et mon pantalon qui seront secs demain, je visionne et retouche mes photos numériques, j'ouvre mon journal de voyage... à 11 heures mon linge est sec, petite séance de dessins, il est une heure, je le referme et m'offre une nouvelle petite douche...

 

 

Vendredi 23 février

10 h je quitte Ahmedabad, la ville de Gandhi pour Bhavnagar à 170 km vers l'ouest, quatre heures de bus au programme.

Après le tremblement de terre de 2003, toute la partie Ouest de la ville à été entièrement reconstruite, même les minarets des mosquées de la partie Est sont tombés bien qu'étant construits sur base oscillatoire.

Toujours la même panique au départ du bus; les places réservées sont déjà occupées, l'Indien ne changera jamais. Mon voisin a déchaussé ses baskets en plastique et embaume le secteur, cinq minutes plus tard il s'est endormi sur mon épaule. L'Indien est très individualiste sans doute à cause du surnombre (une question de survie), il a tendance à te marcher sur les pieds, passer devant toi quand il faut faire la queue, ils rotent et pètent en société sans aucune gène, il est curieux jusqu'à l'indiscrétion, mais il est paradoxalement très tolérant, il supporte le bruit des autres, bien que je les soupçonne d'être un peu sourd, il faut accepter cela ou ne pas venir en Inde...Il a heureusement beaucoup de qualité: serviable, d'une gentillesse extrême et  accueillant (surtout les plus pauvres), il est joyeux, bon cuisinier et j'en ai déjà parlé, bon conducteur.

 

Revenons à notre voyage, je constate que depuis le début de mon périple toutes les villes importantes sont reliées par des quatre voies, gain de temps et de fatigue, par le passé il m'est arrivé de rester 12h dans un bus pour faire 300 km mais les trajets étaient plus pittoresques car les petites routes passaient au cœur des villages et on abordait la vie rurale.

La récolte de blé de l'hiver est en train d'être achevée et déjà, peut être une autre variété de blé est en train de pousser d'un beau vert tendre.

12h 30, j'ai parlé trop vite, nous quittons la  route principale pour nous engager sur une deux voies chaotiques, malgré les bonds du bus tout le monde roupille bercé par les couinements des ressorts des sièges, notre chauffeur téléphone tranquille depuis une demi-heure. A 15h nous traversons de grandes zones désertiques, peut être le parc naturel Velavadar puis à perte de vue des marais salants avec de gros tas de sel aveuglants.

A 16h 30 nous arrivons à Bhavnagar où je trouve logement dans le vieux quartier, balade de reconnaissance; un beau bazar avec des maisons anciennes à balcons ouvragés, les habitants sont adorables, m' adressent des hello sympathiques et veulent tous que je les photographie, à leurs regards je sens que peu d'occidentaux viennent à Bavnagar. Un superbe marché coloré où les vendeurs appellent la clientèle.

Deux ou trois temples Indous, un très beau temple JaÏn qu'un homme me fait visiter, partout du marbre blanc ou coloré de frises bleu-gris et ocre, le sanctuaire est entièrement mosaïque de petits miroirs et les sculptures en marbres blancs inspirent la paix.

Je peux le photographier de l'extérieur, du haut du toit de mon hôtel, dîner dans ce même hôtel: un Tali du Gujerat, mélange de sucré salé, surprenant mais très bon et copieux, je ressorts gavé.

Je commande un taxi pour aller tôt sur le site de Palitana à 50 km d'ici, lever à 5h30 demain matin pour gravir la « montagne sacrée » des Jaïns...

 

Samedi 24 février

Pèlerinage à « la mecque » des Jaïns.

J'arrive à Palitana juste quand le soleil apparaît, j'ai laissé à l'hôtel tout mes objets en cuir: ceinture, porte-monnaie, courroie du Rolleiflex et je dois laisser mes sandales au pied des trois milles marches, un dénivelé de 600 mètres à gravir sur 2 km Il est interdit d'emmener ni bouteille d'eau, ni victuailles pour pénétrer dans les temples Jains, la pureté à l'air d'être une obsession pour cette religion.

La fraîcheur du petit matin permet de prendre un bon rythme, superbe vue d'un lever de soleil dans une petite brume sur le golfe de Gambay. Les personnes âgées ou obèses montent avec des chaises à porteurs, cinq petits temples offrent de l'eau filtrée à travers un fin chiffon et il faut bien que j'en boive...

Des Jains tout de blanc vêtu, maigres comme des clous, un bâillon sur la bouche pour ne surtout pas avaler de petits insectes, trottinent avec leurs baluchons accrochés à un long bâton, certains viennent de très loin  on en a doublé cette nuit qui courraient à pied à 40 km du site.

Au sommet: Shatrunjaya, un ensemble de 863 temples où l'on peut adorer le dieu blanc assis en position du lotus, il y en a des centaines de milliers, les pèlerins offrent des tonnes de pétale de roses rouges, restent assis en méditation des heures les yeux ébahis devant leur idole. Les femmes font la queue pour déverser des litres de lait sur des effigies de pieds en marbre blanc. Les temples sont d'une richesse baroque extraordinaire.

Je me mets un peu à l'écart de la foule pour dessiner un petit édifice, après quelques photos, vers midi j'entame la descente. Le soleil a déjà bien chauffé les grosses dalles rouges de l'escalier et il vaut mieux marcher sur celles qui sont peintes en blanc, elles sont plus fraîches...

Certains courageux attaquent la montagne à cette heure bien chaude, bon courage, ils vont encore perdrent quelques kilos, moi déjà, je sens mon pantalon qui tient moins bien...

En une heure je suis en bas des escaliers, les jambes tremblantes, proche de l’hypoglycémie, je me jette sur un jus de mangue puis sur un chai bien sucré et avale d'un trait un demi-litre d'eau minérale.

Retour à Bhavnagar par bus local puis arrivé à la gare de bus, je réserve mon transport pour aller à Diu ma prochaine étape pour demain.

Mon chemin passe par le bazar et je refais une série de photos sollicités par les vendeurs en tout genre, c'est assez drôle parce qu'ils posent raides comme des piquets, très sérieux, quand je leur montre l'écran, ils sont morts de rire et c'est l'occasion d'en faire une autre.

attendant mon repas bien mérité; dessin du haut du toit de mon hôtel qui surplombe un autre temple Jaïn.

Avant de dormir une page de carnet illustrée d'un dessin du pèlerinage à la montagne sacrée.

 

Dimanche 25 février

Départ de Bhavnagar à midi, pour une fois embarquement sage...

Jolie campagne, petits champs de riz, de coton, d'avoine, de mais et à en juger par ce que transportent les trucks: de l'oignon, la terre a l'air riche et grasse entourée de haies de cactus en oreilles de mickey. Beaucoup d'usines de traitement de coton.

Tout au long de la route, un étrange véhicule que j'ai déjà observé dans le Gujarat: une moto à trois roues montée en pick-up, un gros monocylindre diesel propulse l'engin, les rickshaws vespa sont bourrées à craquer, j'ai compté jusqu'à neuf personnes.

A un arrêt, trois  jeunes Indiennes accompagnées de deux hommes grimpent, rient et ricanent à tue tête en réveillant tous les passagers, dés que le bus démarre elles sont déjà endormies...

Dans un tournant, un truck est sur le toit, le chauffeur a du s'endormir au volant, à chaque déplacement en bus, ce spectacle est fréquent.

Nous approchons de Diu, de la canne à sucre et des cheminées de distillerie de rhum, Diu comme Daman est sous administration de Delhi et échappe à l'interdiction d'alcool.

Le premier hôtel visité fera l'affaire pour ce soir, je n'ai pas le courage de chercher pendant des heures, les mollets sont encore douloureux!

Petit tour des environs; rues tranquilles, promenade au soleil couchant sur la plage, l'eau est bonne et doit bien approcher les 28 / 30 degrés, quelques touristes Indiens et occidentaux, pas mal d'allemands et de hollandais attirés par la mer et... l'alcool.

Repas: thon, riz et tomates.

 

Lundi 26 février

Journée tranquille, si l'on peut dire, qui commence par une bonne trotte avec les bagages à travers les ruelles de Diu pour changer d'hôtel qui ne me convenait pas et  j'ai encore les escaliers de Palitana dans les mollets...

Après cela c'est relâche, déjeuner devant la mer d'Oman, avec une petite brise marine des plus agréable, longue discution sur l'Inde avec un couple de Français qui découvre ce pays depuis 20 jours, nous flânons ensemble au fort portugais. Sur les remparts qui s'érodent; des gros canons de bronzes dans un bel état, dans la vaste cour ombragée de palmiers; des amas de boulets en pierre, sur la partie supérieure des remparts, le phare de Diu visité par des familles indiennes qui se prêtent volontiers à ma photographie.

Plus tard séance cyber café avec envoi de photos, de dessins et du journal.

Photographies N&B du voyage de Bombay à Delhi par le Gujarat - Publié le 08:14 le 5/06/2007 par francois

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Carnet du voyage de Bombay à Delhi par le Gujarat - Publié le 02:34 le 1/06/2007 par francois

 Dans la rubrique archives, vous pouvez découvrir:

-          Les photographies N&B du voyage.

-      Le journal du voyage

 

CARNET DE VOYAGE

 

BOMBAY / DELHI

PAR     LE     GUJARAT

Février / avril  2007

 

 

 

 

 

Le dresseur de rat, Sasson dock Bombay le 8 février 2007

La porte de l'Inde, quartier de Colaba, Bombay le 9 février 2007

La "tourista", samedi 10 février 2007

Tournage de film "Bollywood" sur Marine Drive, Bombay le 11 février 2007

Shankar day, vieille ville de Nasik, lundi 12 février 2007

Nara Shankar temple, Nasik , mardi 13 février

"Ramkund", bassin sacré des ghats de Nasik, mercredi 14 février

"New CBS station", la gare de bus de Nasik, 15 février

Le "Pomfret" un délicieux poisson, Daman ex colonie Portugaise, 15 février

Le port de pêche de Nani Daman, vendredi 16 février

Les éplucheuses de crevettes, Nani Daman le 17 février

Lingam au temple " Shree Ramji Mandir", Daman, samedi 17 févrrier

Sculpture d' Avalokiteshvara (Népal) au musée de Vadodara le 19 février

Bhathiyar Gali, Ahmedabad, capitale du Gujarat le 20 février 20h

Hathee Singh temple Jaîn, Ahmedabad le 21 février 2007

Swaminarayan temple, Ahmedabad le 21 février

Alajajwav, un magnifique Baoli ,

un puits sous 5 niveaux de pierres ciselées, le 22 février.

Fresque et bas-relief du baoli d'Alajajwav, le 22 février

Darbargadh bazaar, Bhavnagar le 23 février 16h30

Shatrunjaya, temple jaîn au sommet de la colline de Palitana, le 24 février 12h

Pèlerins Jains à l'ascention des 3000 marches de Palitana

Temple jaîn, Bhavnagar le 24 février 18h

Un "Tchagro", moteur Enfield diesel de 1200 cm3 sur la route de Diu,

dimanche 25 février

Ganesh et Mushaka, Gangeshwar Temple, Diu ancienne colonie Portugaise.

Diu le 27 février

Poissons à sêcher, port de Vanakbara, île de Diu le 28 février.

Deux "Downs", bateaux de pêche de Diu le 1er mars.

Marché de nuit aux poissons, Ghoghla le 1er mars 20h

Sous la pleine lune un pêcheur jette son filet, Diu town, 1er mars 22h

Pêcheur entre les bancs de sables de la passe de Diu

 Diu le 2 mars 18h

Les feux de la "Holi" la fête du printemps, Véraval le 3 mars 20h30.

"Holiman", la fête du printemps et des couleurs, Véraval le 4 mars.

Trimurti et Sri Somnath Temple, Somnath le 5 mars.

Un restaurant du Gujarat qui sert un excellent Thali salé/sucré,

Junagadh le 6 mars.

 

Neminath, temple Jaîn a mi-pente de Girnar Hill,

ici c'est 7000 marches!, Girnar Hill le 7 mars.

 

Frottages sur les temples en grimpant Girnar hill, le 7 mars.

Le mausolé "Mahabat Maqbara",

architecture Indo-Islamo-Gothique à Junagadh le 8 mars.

Pèlerins Jaîns sur la route de Jamnagar le 9 mars.

Sur un linteau de porte: Ganesh entouré de deux musiciens,

quartier de Khambahalia Gate, Jamnagar le 9 mars.

Dromadaire de ville et Hanuman/Kali Kashi Vishwanath temple,

Jamnagar le 10 fevrier.

Un paysan Rabhari allume son shillum,

bazaar de Darbar Gate, Jamnagar le 10 mars.

Carrefour Pancheshwar tower road et K.V. road,

Jamnagar le 11 mars.

Promenade du dimanche autour du lac Ramnal, la réserve d'oiseaux de Khijadiya est tout près, les oiseaux pêchent tranquillement, Jamnagar le 11 mars.

Ganesh d'un temple de quartier, Jamnagar le 12 mars.

"Dwarka Dish" temple Hindou en ruine après le tremblement de terre de 2001,

Bhuj, le 13 mars.

"Kumbar Masjid" mosquée neuve à bhuj le 14 mars.

 

Autour de Bhuj dans la région du Kutch, atelier de tissage.

Bhujoli le 14 mars.

A 50 km au nord de Bhuj, jeune garçon tribal devant sa hutte de terre battue,

Bhirendiara le 17 mars.

Femme Harijan dans son show room de tissus brodés,

Bhirendiara le 17 mars.

"Block print" , empreinte d'un tampon en bois pour l'impression de tissus,

à gauche l'empreinte d'un block print à la cire. Dhamanaka et bhujpur le 19 mars.

L'envers du block print à la cire réhaussé d'aquarelle.

Bhujpur le 19 mars.

Construction d'un cargo ship de 50 m de long et de 250 tonnes,

le bois vient de Malaisie. Mandvi le 20 mars .

 

 

Pose d'un barreau de pont dans un cargo ship. Quai de Mandvi le 20 mars.

Scène de rue, centre de Mandvi le 21 mars.

Ouvriers charpentiers à bord du "Al Samir", Mandvi le 22 mars.

"Azad Chowk; un fronton de porte; ganesh en compagnie d'Apsaras

et un "Kakinda", plage de Mandvi le 23 mars.

La scierie de Mandvi le 24 mars.

Un cargo ship en construction et un livreur de planche.

Mandvi le 24 mars.

Etat du Rajasthan: La citadelle de Jaisalmer, façade Est.

Jaisalmer le 26 mars 17h.

Instruments de musique Rajpoute, musée du désert.

Jaisalmer le 27 mars.

Laxminath temple, citadelle de Jaisalmer le 27 mars.

Façade Est du palais de Jaisalmer.

Citadelle de Jaisalmer le 28 mars.

"Patwon-ki-haveli; moucharabhiers en pierre ciselée d'un haveli, Jaisalmer le 29 mars.

Temples Jaîns dédiés à Rikhabdev et à Sambhavanth,

citadelle de Jaisalmer le 30 mars.

Façade Sud-Ouest de la citadelle, Jaisalmer le 30 mars 19h.

Les dunes de sables de Khurhi (désert du Thar) et des motifs décoratifs des maisons en terre battue. Environ de Jaisalmer le 31 mars.

"Suraj Prol" une des quatre portes menant à la citadelle.

Jaisalmer le 1er avril.

Carrefour Kem road et station road. Bikaner  le 2 avril.

Bhandasar Temple ou Sumatinath Temple. Bikaner le 3 avril.

Fresques et portrait du maharaja Sriganga Singh Ji de Bikaner.

Junagarh, Bikaner le 4 avril.

Le temple aux rats; Karni Mata Temple à Deshnok le 5 avril.

"Chhatri" un cénotaphe, règion du Shekhawati, Mandawa le 6 avril.

"Fathepur bus station", bus stand à Mandawa le 7 avril.

Le village de Mandawa le 7 avril.

Maison d'un quartier nord de Jhunjhunu, région du Shekhawati le 8 avril.

Un banian géant, Khemi Shakti road, Jhunjhunu le 9 avril.

"Jama Masjid", la grande mosquée d' Old Delhi. Delhi le 13 avril.

"Main Bazaar" Paharganj le marché des touristes. Delhi le 15 avril.

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Le dernier carnet de voyage 2009

Calcutta, Les Sundarbans et les Iles Andamans

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